Là où les Romains proposaient une offre complète pour contenter le peuple, l’État français, par le biais de collectivités et d’agglomérations de plus en plus nombreuses, a fait le choix pour vous : ce sera « des jeux ou du pain », mais surtout des jeux…

Car, malgré la baisse continue du nombre d’agriculteurs et la fonte inexorable des surfaces agricoles en France, on continue à valoriser les espaces de loisirs au détriment des espaces pour nourrir. Comme aux jeux du cirque, les citadins lèvent le pouce pour un nouveau parc d’attractions ou des salles de jeux énergivores, et le baissent face à l’éleveur qui veut investir dans ses bâtiments ou au céréalier qui fait du bruit avec son tracteur.

Les choix politiques qui sont faits ne seront pas sans conséquences sur le futur de tous. Dans les secteurs littoraux notamment, les meilleures terres sont grignotées par une expansion galopante de ces zones commerciales ou artisanales (pour ne pas dire de stockage pour certaines), qui migrent au gré des opportunités pour éloigner un peu plus ce paysan qu’on aime bien, mais « de loin ».

Une fête de l’agriculture une fois par an pour garder le lien, en cas de disette, et une expropriation pour cause « d’emplois à créer » dans la foulée…

Or, nombre d’élus oublient qu’un éleveur, c’est en moyenne six emplois en amont et en aval de la filière.

La souveraineté alimentaire n’est pas un vain mot, et la prendre en considération avant la mort des artisans de la terre est plus que jamais urgente. Il serait dommage, en cas de crise alimentaire, d’avoir à paraphraser la laborieuse fourmi : « Vous jouiez, j’en suis forte aise… Eh bien, dansez maintenant. »

 

Tribune de Cindy Chegard, Administratrice de la Coordination Rurale du Morbihan

(*du pain et des jeux !)

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