La filière française de la volaille s’élève, depuis fin janvier, contre le projet de la Commission européenne de rendre non exclusives les appellations attestant des conditions d’élevage. En effet, sans cette exclusivité, de nouvelles appellations fantaisistes risquent de nuire aux 5 appellations autorisées et contrôlées jusqu’à maintenant qui étaient :  « Alimenté avec X% de … » « Élevé à l’intérieur – système extensif », « Sortant à l’extérieur », « Fermier – élevé en plein air » et « Fermier – élevé en liberté ».

En région, c’est la présidente de la région BFC qui s’est offusquée début février de ce projet de la Commission européenne, dans ce communiqué de presse. En mettant en concurrence ces 5 appellations, contraignantes pour les producteurs et justifiant des prix de vente plus élevés, avec d’autres ne faisant l’objet d’aucun contrôle, les produits de qualité seraient menacés par une concurrence déloyale. Facile en effet, de jouer avec une communication trompeuse pour les consommateurs avec des slogans que chacun est libre d’inventer : « Poulets des champs », « Volailles de plein vent « , « Poulets libres », …

La filière de volailles de Bresse, AOC bénéficiant à minima de l’appellation « Fermier – élevé en plein air »,  serait donc directement mise en danger par cette évolution de la réglementation européenne.

À l’heure où les sociétés européennes demandent de la qualité et de la traçabilité pour leur alimentation, l’UE souhaite-t-elle vraiment jeter un grand flou sur une filière de proximité, reconnue pour la qualité de ses produits et de ses conditions d’élevage ?

La France a déjà fait savoir ses craintes sur cette possible évolution, mais avec plus de production sous l’appellation volaille fermière que n’importe quel autre pays européen, elle pourrait se trouver bien seule…

 

Mise à jour au 22 février : La Commission Européenne s’est défendue de vouloir la disparition des volailles Label Rouge, ou du Poulet de Bresse dans cette communication du 14 février.

« Ces 5 expressions réservées resteront inchangées. Les discussions avec les représentants des États membres portent sur le fait de permettre d’autres expressions en plus des cinq existantes depuis 2008, en permettant aux producteurs de valoriser d’autres caractéristiques liées au mode d’élevage de la volaille, notamment liées au bien-être animal, et en informant de manière transparente le consommateur sur le contenu des indications.

Si de nouvelles mentions venaient à être proposées par les producteurs, elles devraient être accompagnées d’un cahier des charges précis et être enregistrées auprès de l’État membre concerné avec la mise en place d’autocontrôles du producteur avec conservation des pièces justificatives qui devront être produites aux autorités compétentes de l’État membre lors des contrôles périodiques.« 

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