ÉCOLOGIE OU ESCROLOGIE ?
Le loup a encore frappé dernièrement dans plusieurs départements de notre région, démontrant, si c’était encore nécessaire, l’incapacité totale de la politique française du loup à protéger nos élevages, et son acharnement à protéger les prédateurs.
Dans le même temps, suite aux courriers adressés par un certain nombre d’entre nous à nos DDT, celle de Saône-et-Loire nous a fait savoir qu’il était hors de question que les services de l’Etat indiquent aux agriculteurs quelles zones abritaient des habitats d’espèces protégées, et que c’était aux agriculteurs de consulter « les différents inventaires » pour savoir si des espèces protégées étaient susceptibles d’être présentes sur les terres qu’ils cultivaient, et de solliciter l’avis de la DDT, de la DREAL et de l’OFB avant chaque intervention susceptible de détruire un habitat.
Le discours des services de l’État peut donc se résumer ainsi : « débrouillez vous comme vous voulez pour ne pas déranger les espèces protégées dont on ne vous donnera ni la liste de celles qui sont présentes dans la région, ni les zones dans lesquelles elles vivent, et si vous n’y parvenez pas, vous finirez au tribunal ». Pour rappel, un de nos camarades a été condamné l’an dernier à 1200 € d’amende, dont 600 avec sursis pour avoir coupé quelques roseaux en se contentant de l’accord de la DDT de son département ( à comparer à une amende de 500 € infligée à une personne ayant tiré sur un policier avec des feux d’artifice lors des incidents ayant suivi un match de foot).
Toujours dans ces dernières semaines, nous avons assisté à une offensive tous azimuts de certains parlementaires pour restreindre l’accès à l’eau des agriculteurs (la commission développement durable de l’assemblée nationale a envisagé de réserver l’irrigation aux seuls agriculteurs bio, qui n’arrivent pas à vendre leurs produits, et d’interdire la construction de toute nouvelle réserve d’eau, ainsi que l’utilisation de celles qui ont moins de 10 ans d’existence). J’ai moi-même rencontré récemment au nom de la CR un sénateur préparant une loi interdisant tout usage d’engrais ou de produit phytosanitaire dans les zones de captage d’eau potable ( soit environ 60 % de la SAU dans certains départements).
Tous ces évènements ont un point commun : la sanctuarisation d’une nature « pure et fantasmée », n’ayant jamais existé, et dans laquelle l’Homme n’aurait pas sa place, en oubliant complètement qu’il est le seul être vivant à rechercher la préservation des équilibres entre les différentes espèces, ce dont le loup, par exemple, et n’en déplaise à certains, se fiche complètement. En oubliant également que, s’il importe bien évidemment de préserver les ressources en air et en eau, il importe aussi de préserver les ressources en nourriture.
Les prétendus écologistes qui soutiennent ces politiques suicidaires ont oublié le paradoxe qui doit être à la base de toute réelle démarche écologique : si aucun être vivant ne peut exister sans la présence d’autres espèces autour de lui, aucun ne peut vivre sans nuire à un certain moment à ces autres espèces. Autrement dit, ils ont oublié qu’on ne faisait pas d’omelette sans casser d’œufs.
Demander aux agriculteurs de nourrir 67 millions de français tout en les menaçant du tribunal si, pour ce faire, ils dérangent quoi que ce soit dans notre environnement, est non seulement absurde, mais aussi lâche et, finalement, ignoble.
Thierry-James Facquer, Président CR BFC