LA DIRECTION NATIONALE DES JA AURAIT-ELLE DES TENDANCES SUICIDAIRES ?
A l’heure où les questions de l’euthanasie et du suicide assisté font la une de l’actualité, on ne peut que s’interroger devant la prise de position de la direction nationale des JA en faveur de l’entrée de l’Ukraine dans l’Union Européenne. En effet, quand des agriculteurs demandent à faire entrer dans l’Union un des plus gros producteurs agricoles du continent, dont les gigantesques exploitations, appartenant à de gros investisseurs, emploient de la main d’oeuvre payée 300€ par mois, c’est bien qu’ils souhaitent la disparition de notre modèle agricole, et donc leur propre disparition.
Il n’y a qu’à voir les dégâts provoqués par les importations de céréales ou de poulets autorisées pour soutenir l’effort de guerre ukrainien pour se rendre compte de ce que serait l’entrée de l’Ukraine dans l’Union.
Mais peut-être les dirigeants des JA ont-ils la naïveté de croire que l’ Europe va, comme par magie, imposer des règles communes qui rétabliront la libre concurrence entre pays européens ? Je me permettrai alors de leur rappeler que :
- Premièrement, l’U E n’ a pour l’instant jamais réussi à empêcher la concurrence déloyale entre des pays aux modèles aussi proches que la France, l’Espagne ou l’Italie, et qu’on ne voit donc pas comment elle réussirait à l’imposer à des pays aussi éloignés que l’Ukraine et la France.
- Deuxièmement, l’Ukraine est un des pays les plus corrompus au monde, et il semble donc totalement illusoire d’espérer que nous parviendrons à y imposer de manière effective la moindre règle européenne. Pour se faire une idée de la situation, rappelons que des armes livrées à l’armée ukrainienne par les occidentaux ont été retrouvées à vendre sur le net moins de 48 heures plus tard.
- Troisièmement, l’évolution des règles de la PAC souhaitée par la Commission (disparition des fonds dédiés à l’agriculture au profit d’une grand fond commun incluant agriculture, cohésion,…et liberté aux régions de proposer les objectifs de leur choix aux programmes agricoles financés par l’Europe sur leur territoire) nous font craindre que le côté commun de la Politique Agricole Commune ne soit plus qu’une coquille vide, et que, en conséquence, elle ait de plus en plus de mal à imposer des règles communes( mais nous reparlerons bientôt de cette question).
Alors, à quoi jouent les dirigeants nationaux du syndicat JA ? J’avoue avoir bien du mal à trouver la réponse. Le point positif de cette affaire, c’est qu’il nous semble bien que les JA de terrain sont loin de tous marcher sur la tête comme leurs dirigeants, particulièrement dans certains départements de notre région. Puisqu’ils restent sur leurs deux pieds, il peuvent en profiter pour se rapprocher de la CR, qui les accueillera à bras ouverts…
Thierry-James Facquer, Président CR BFC