Le 7 juillet dernier, la Coordination Rurale a accueilli Serge Jacob, préfet de la Haute-Saône, accompagné de M. Chapuis (DDT) et de M. Chevrier, responsable de l’agriculture, sur l’exploitation laitière de M. Veille, à Marchiset, sur la commune d’Échenoz-le-Sec.
Cette rencontre de terrain a permis d’échanger directement sur les nombreuses difficultés auxquelles sont confrontés les agriculteurs haut-saônois, dans un contexte où les crises se succèdent et fragilisent durablement les exploitations.
Une sécheresse qui touche toutes les filières
Les échanges ont tout d’abord porté sur les conséquences de la sécheresse, qui impacte aujourd’hui l’ensemble des productions agricoles.
En élevage laitier, les exploitants constatent une baisse de la production alors que cette période de l’année est habituellement favorable. Les éleveurs de bovins viande sont confrontés à un recul des prix, tandis que les grandes cultures subissent les effets du déficit hydrique, avec des rendements et une qualité des récoltes fortement dégradés, dans un contexte où les prix de vente restent insuffisants pour compenser les pertes.
Au-delà des difficultés économiques, les représentants de la Coordination Rurale ont également alerté sur le mal-être grandissant des agriculteurs, qui doivent faire face à l’accumulation des crises climatiques, économiques et sanitaires.
Des problématiques locales bien identifiées
La prolifération des ragondins a également été évoquée. Dans plusieurs secteurs du département, leur présence entraîne d’importants dégâts sur les cultures et dégrade les berges, générant des coûts supplémentaires pour les exploitants.
Les échanges ont également porté sur la souveraineté alimentaire. La Coordination Rurale a rappelé l’importance de préserver la capacité de production française, de privilégier les productions nationales et de répondre au défi majeur du renouvellement des générations, alors que de nombreux agriculteurs peinent à trouver des repreneurs.
La gestion de l’eau : un enjeu majeur pour l’avenir
La question de l’eau s’est naturellement imposée comme l’un des sujets centraux de cette rencontre.
Le préfet a indiqué sa volonté d’accompagner techniquement et réglementairement les futurs porteurs de projets de stockage d’eau, sous réserve que plusieurs conditions soient réunies : l’identification d’un maître d’ouvrage solide disposant des capacités financières nécessaires, un projet construit dans une logique collective – potentiellement au-delà du seul monde agricole –, la réalisation d’études techniques et économiques préalables ainsi que la définition des modalités d’entretien et de gestion des futurs ouvrages.
La Coordination Rurale se félicite de cette ouverture et restera pleinement mobilisée pour que les projets hydrauliques nécessaires à l’adaptation de notre agriculture puissent émerger dans les meilleures conditions.
Une agriculture qu’il faut accompagner
Cette rencontre a permis de rappeler une évidence : l’adaptation du modèle économique des exploitations face aux évolutions climatiques est désormais un enjeu majeur. Garantir l’accès à l’eau, préserver les capacités de production et assurer un revenu digne aux agriculteurs constituent des conditions indispensables pour maintenir une agriculture dynamique en Haute-Saône.
Les échanges se sont enfin poursuivis dans un moment de convivialité, illustrant l’importance du dialogue entre les agriculteurs et les pouvoirs publics pour construire des solutions concrètes au service de l’agriculture de demain.