Le Conseil constitutionnel vient de retoquer l’Acétamipride, cette molécule que nous utilisons pour protéger nos cultures. Verdict : « dangereuse ». Très bien, admettons. Mais alors, soyons logiques : si c’est si dangereux, pourquoi continuer à importer des fruits, légumes et produits étrangers qui, eux, en sont copieusement arrosés ?
Parce qu’apparemment, dans l’esprit de certains décideurs, une molécule devient inoffensive dès qu’elle traverse la frontière… Un peu comme si un moustique porteur du paludisme oubliait d’être contagieux en passant par le duty-free.

Résultat : on « protège » le consommateur français en… augmentant ses chances de manger ce que l’on n’a plus le droit de produire chez nous. Bravo. Pendant ce temps, nos exploitations, elles, voient leurs rendements menacés et leur compétitivité laminée.

Si l’on veut réellement bannir l’Acétamipride pour des raisons de santé publique, il faut aller jusqu’au bout : interdiction totale, y compris dans les importations. Sinon, arrêtons de jouer aux grands chevaliers blancs avec la seule armée qu’on contrôle : la nôtre.

En attendant, nous, agriculteurs français, on se demande si le prochain Conseil constitutionnel ne va pas interdire… le soleil, au prétexte qu’il donne des coups de soleil.

Cyril HOFFMANN

Président de la CR21

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