La Coordination Rurale a rencontré la direction de l’usine d’équarrissage SARIA (SECANIM) à Bayet dans l’Allier.

Suite à des informations de terrain relatant des évolutions dans la gestion de collecte des services d’équarrissage,

Nicolas Courmont, Président de la CR03 a sollicité Monsieur Hervé Fumery, Directeur de SECANIM afin d éclaircissement quant

à ces rumeurs.

Nous saluons et remercions Monsieur Fumery et ses collaborateurs pour l’ouverture et la transparence du fonctionnement de

leur entreprise et des évolutions que nous avons pu constater lors de ce rendez-vous du 21 septembre dernier.

La société SARIA qui dispose de 3 centres de traitement en France dont celui de Bayet dans l’Allier transforme les animaux

morts et déchets d’abattoirs en farines et graisses sur une large partie de la France (y compris la Corse) nous a proposé

une rencontre et une visite de l’usine.

• Les farines issues de l’équarrissage sont destinées aux cimenteries en tant que combustibles. • Les graisses issues de l’équarrissage sont destinées à la production de bioéthanol. • Les farines issues des déchets d’abattoirs sont utilisés en alimentation pets good. • Les graisses issues des déchets d’abattoirs sont revalorisées en pharmaco, cosmétiques….

Les animaux d’équarrissage sont donc strictement différenciés des déchets d’abattoirs.

Soyons rassurés!

Les semi-remorques en remplacement des camions de collecte est une rumeur infondée. Il n’est pas possible notamment dans

l’exigence sanitaire (bio sécurité) de créer des zones de dépôts vers lesquels les éleveurs seraient obligés d’emmener les

animaux morts. Les camions de 19 tonnes voire de 26 tonnes (un peu plus long mais plus maniables avec un double essieu

arrière directionnel) seront toujours utilisés et passeront dans les fermes comme à l’habitude.

Les semi-remorques ne sont utilisés que pour des transports entre usines.

Chacun reconnaît que l’information est à la base d’un bon fonctionnement et par conséquence de sérénité pour tous.

Le serveur vocal national (numéro unique pour toute la France) par lequel chaque éleveur demande un enlèvement fonctionne

très bien mais il est nécessaire de rappeler quelques règles que chacun doit être amené à comprendre et à respecter.

Les chauffeurs, comme les réglementations les obligent, sont contraints à des durées de travail mais aussi à une charge

maximale de leur camion. La surcharge est interdite. Les tournées sont donc optimisées chaque jour (pas de ramassage les

week-ends) pour permettre à la fois le respect de la réglementation sur la durée légale du travail mais aussi pour éviter

toute surcharge des camions. C’est 500 à 800 points de collecte par jour pour 21 camions qui circulent sur plusieurs

départements autour de l’usine !

Le coût de l’équarrissage

Alors que l’équarrissage était public, depuis la vache folle, les services sont aujourd’hui privés.

Un appel d’offre est lancé par l’ATM (animaux trouvés morts, dénomination reprise par l’organisme ) auprès des entreprises

d’équarrissage pour un contrat d’une durée de 3 ans. Il y a 4 entreprises d’équarrissage en France à ce jour. Dans cet

appel, le prix est déterminé par tonne quelques soient les espèces. Aucune différence entre volailles, ruminants,

équins…..Ce tarif est fixé par département en fonction des distances et de la densité des élevages.

Les cotisations payées sont réparties globalement et en moyenne pour 15 % à la charge des éleveurs et 85 % à la charge des

abattoirs. A l’exception des équins dont la filière n’a pas su statuer encore à ce jour, ces sont les ATM spécifiques -

ruminants-volailles (œufs, chair...)-porcs ...- au sein des interprofessions qui déterminent les cotisations.

Bigard a le quasi monopole de l’abattage est aussi le Président d’ATM France ! La pression sur les éleveurs est donc

conséquente. En exemple flagrant et parlant, les cotisations d’équarrissage pour les caprins ont explosé ces dernières

années. Le nombre de ces ruminants est certes plus faible au regard des bovins par exemple et le marché de consommation de

viande caprine est relativement faible. Le passage à l’équarrissage est donc proportionnellement plus élevé que pour

d’autres espèces et les abattoirs rechignent alors à payer pour une espèce qui ne passe que très peu entre leurs mains.

Est-ce pour autant une raison et des pistes comme la mutualisation interprofessionnelle est peut-être une piste à

discuter ?

La CR, rentrée depuis peu dans les interprofessions devra se pencher sur ce sujet.

Optimiser le ramassage en ferme, une nécessité et un travail de tous.

Il est fréquent d’entendre les éleveurs se plaindre du ramassage. La compréhension du fonctionnement et les règles de

sécurité doivent être comprises de tous.

Du bon sens pour une meilleure efficacité

Aujourd’hui 3 % des cas d’enlèvement posent problème. Ces cas sont liés aux situations non conformes aux règles demandés

ci-dessous.

Les animaux morts doivent être : • déposés par les éleveurs sur une zone définie étanche pour les gros animaux et dans un container adapté pour les plus

petits (bac à roulette avec couvercle et plafonnier préhensible). Cette zone doit être identifiée par un panneau (panonceau

SECANIM fourni par l’entreprise) et où l’accès des camions puissent accéder sans difficulté.

• Avec une boîte (style boîte aux lettres ou boîte étanche) à proximité pour y déposer les bordereaux d’enlèvement.

• disposer d’une cloche plastique pour recouvrir les cadavres, éviter les bâches qui accélèrent la décomposition par la

chaleur.

• Les animaux non sortis des bâtiments (ou inaccessibles) ou dans la bétaillère ne peuvent être enlevés.

• accessible aux camions et loin des lignes électriques (+ de 11 mètres). Il en est fini le temps pour l’équarrisseur

attachait les bêtes au câble pour le tirer par treuil dans le camion ! Aujourd’hui, les camions sont équipés de griffes et

la gestion est électronique. Les chauffeurs chargent les animaux par griffe télécommandée. La présence proche d’une ligne

électrique est dangereuse, un arc électrique pouvant se créer entre la ligne et le camion (et le chauffeur le cas

échéant).

• ne pas mettre les animaux morts dans des sacs plastiques et retirer toutes les ficelles.

• s’assurer que le ou les chiens soient attachés notamment en l’absence de l’éleveur. Le chauffeur ne peut intervenir

lorsque les chiens sont agressifs. La consigne est alors simple, le camion repart sans enlèvement ! 0,5 % des enlèvement

sont annulés à cause des chiens !

En cas d’impossibilité d’enlèvement, des photos horodatées sont prises par les chauffeurs et ainsi montrer et expliquer le

non retrait des animaux.

L’entreprise SORIA reconnaît que l’information est essentielle et diffuse des plaquettes et des informations via internet.

Comprendre la procédure d’enlèvement

Chaque éleveur demande l’enlèvement d’une ou plusieurs bêtes par un serveur vocal, numéro unique pour tous et pour toute la

France ou via le portail internet, deux moyens accessibles 24h/24h et 7j/7j.

Après avoir donné son identifiant et les renseignements de élevage et de l’identification de l’animal la demande de

retrait est enregistrée. Le délai réglementaire d’enlèvement, imposé par la réglementation est de 2 jours francs. Les week-ends ne sont donc pas

comptabilisés.

Plusieurs cas de figures sont donc à considérer : • Un éleveur appelle du lundi au jeudi jusqu’à 18 heures, le ramassage se fera le lendemain ou le surlendemain.

• Un éleveur appelle après 18heures, la demande est enregistrée automatiquement le lendemain à 8 heures. La collecte se

fera alors j+2 voire j+3 après l’appel. En exemple, appel le mardi 21h, la collecte aura lieu le jeudi ou vendredi suivant.

• Particularité des week-ends : Le ramassage n’étant pas effectué les samedis et dimanches, si un éleveur appelle le

jeudi après 18h, la demande est prise en compte le vendredi pour une planification de passage au mieux le lundi suivant ou

le mardi selon l’importance des demandes.

• Les appels du week-end (à partir du vendredi 18h), les prises en compte se font le lundi matin pour un ramassage le

mardi ou le mercredi.

• Un éleveur qui appelle le vendredi, le ramassage se fera le lundi suivant, éventuellement le mardi.

La réponse à des exaspérations d’éleveurs sur la durée d’attente entre la demande d’enlèvement et le ramassage s’explique

ici, appel le jeudi soir et ramassage le mardi , soit 5 jours !

Chaque animal mort doit être déclaré lors de la demande.

Comme déjà précisé, la réglementation routière interdit toute surcharge des camions.

Mais il arrive fréquemment qu’au lieu d’avoir un seul animal prévu au ramassage, un autre (voire plus), se retrouve à être

collecté sur la même ferme. La société d’équarrissage ramasse la totalité mais la tournée étant programmée tant en points

de collecte qu’en poids, il n’est pas rare que les dernières éleveurs prévus au ramassage sur la fin de journée ne le

soient pas pour cause de surcharge du camion. Le chauffeur ne peut donc passer et la collecte pour ces derniers éleveurs

est reportée au lendemain. Ils sont évidemment pénalisés.

Il faut donc, pour d’autres animaux qui malheureusement décèdent après une demande d’enlèvement déjà faite, que soit

réalisée une autre déclaration sur le serveur vocal ou sur la plateforme internet. En exemple, lors d’un vêlage, le veau

est mort né, l’éleveur fait une demande d’enlèvement. Quelques heures après le vêlage, la vache malheureusement décède. Il

faut alors impérativement faire une nouvelle demande d’enlèvement pour cette vache.

Chacun peut comprendre que dans la planification de la tournée du camion, enlever un veau de 40 kg programmé mais qu’il

faut y rajouter les 500 kg de la vache non prévue, si plusieurs cas comme celui-ci se cumulent dans la même tournée, le

camion est inévitablement en surcharge rapidement.

Une bonne application de chacun dans ces déclarations permet d’éviter de pénaliser d’autres éleveurs et tout le monde sera

gagnant, la société d’équarrissage optimisant alors les tournées pour collecter toutes les demandes demandées.

L’informatisation éloigne inévitablement la communication directe entre les éleveurs et la société d’équarrissage. Chaque

éleveur a toutefois la possibilité d’appeler en direct la société SORIA avec une permanence téléphonique de 10h à 12h

chaque jour de la semaine (du lundi au vendredi).

En cas de problème ou d’incompréhension, il est donc possible de joindre la société et de trouver une solution.

La CR est toujours à l’écoute des éleveurs et se fera l’interlocuteur, si nécessaire , entre les éleveurs et la direction

de SORIA qui se veut transparente et à l’écoute.

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