Jean-François Loiseau, président de la coopérative Axcéréal, préside cet atelier 4 des États généraux de l'alimentation (EGA) : « Conquérir de nouvelles parts de marchés sur les marchés européens et faire rayonner l’excellence du modèle alimentaire et le patrimoine alimentaire français en France et à l’international ». Rapidement, les discussions ont porté sur les difficultés à exporter. Pour lui et ses compagnons de l’AGPB, de Coop de France, de l’APCA, de la CGB, donc de la FNSEA et des filières, le maître mot est la compétitivité. Il est question d’être offensifs sinon le voisin prend notre place ; leur solution est donc de baisser nos coûts de production... Après un éclairage agronomique, la CR a expliqué qu'il ne faut pas parler du blé français mais des grains européens avec une situation déficitaire : à chaque fois que l'on exporte une tonne de blé, on doit importer une tonne de maïs, d'huile de palme ou de soja. Avec l'élargissement de l'Union européenne (UE) et maintenant le déversement des excédents ukrainiens et russes dans l'UE, la France perd ses marchés traditionnels et est obligée de vendre de plus en plus loin avec un prix au producteur qui baisse en dessous des coûts de production. Cette politique d'exportation à n'importe quel prix est la cause de l'absence de revenu céréalier depuis 5 ans. La CR a poursuivi en démontrant que le blé était le métronome sur lequel s'accordent toutes les productions agricoles. La Confédération paysanne a complété nos propos en expliquant que le chiffre d'affaires national des céréales est le même que celui de la viticulture, que le nombre d'emplois dans les deux secteurs est le même alors que la viticulture occupe seulement 4 % de l'espace agricole contre 35 % pour les céréales. La Conf’ déplore la perte de valeur ajoutée dans les céréales à cause de l'exportation. Précisant qu'en fruits et légumes nous avons les plus grandes structures alors que nous perdons des parts de marché et que nos surfaces régressent. Le club Demeter s'interroge pour savoir si on peut jouer à l'international avec tous les produits et sur tous les continents. Selon le ministère, les aspects du développement durable sont maintenant pris en compte dans tous les accords de libre-échange (gros mensonge ?). L'après-midi, des expériences d'entreprises, ont été présentées :
  • un confiseur qui fait des berlingots et en exporte jusqu'en Chine a expliqué qu’il trouvait le sucre cher…
  • le directeur de la Cooperl a tenté de justifier les investissements de sa Coop à l'international avec un retour utopique pour ses adhérents...
  • Bretagne Commerce International a présenté sa structure qui aide les entreprises régionales à exporter et les firmes étrangères à s'implanter...
  • Alliance 7, syndicat de la biscuiterie et chocolaterie, a indiqué que le déficit de cette filière a doublé en 10 ans : « c'est difficile à comprendre alors que l'export en blé marche très bien ».
  • une viticultrice qui a redressé et développé un vignoble familial, qui investit, excelle en marketing, exporte vers l'Amérique du Nord et l'Asie, s'étant affranchie de la grande distribution.
  La CR en a conclu que plus la filière était longue, plus le prix qui revenait aux paysans était difficile à défendre. La Coordination Rurale a cependant expliqué que la notion de valeur ajoutée ne doit pas s’appliquer aux agriculteurs. Et pour cause : appartenant à ce que l’on appelle le secteur primaire, ils produisent la valeur initiale alors que les autres maillons ajoutent de la valeur. En conséquence, pour les agriculteurs, il convient de parler de prix agricoles ou de rémunération. En conclusion, il a surtout été question d'aider les industries agroalimentaires à exporter. Peu de discussions ont porté sur les agriculteurs et encore moins sur leur rémunération. Heureusement que notre représentant était là pour le faire… Tout ce qui est éthique ou développement durable n'est que de la com’ : une façade ! La dimension européenne était absente et évidemment l’atelier a peu parlé de l’OMC. Prochaine réunion le 7 septembre.

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