Noyés au printemps, brûlés en été : la situation des exploitations charentaises devient préoccupante. La sécheresse affecte fortement les cultures et fragilise davantage des trésoreries déjà mises à rude épreuve par la hausse des charges.
Des récoltes lourdement pénalisées
Féveroles, pois et colza affichent des rendements faibles à moyens, alors que les prix restent insuffisants pour couvrir les coûts de production. Pour les cultures de printemps, la situation est particulièrement préoccupante, avec des résultats allant de moyens à catastrophiques selon les secteurs pour les lentilles, pois chiches, tournesols et maïs.
Le manque d’eau pénalise également la pollinisation. Seul le Sud-Charente, ayant bénéficié de 40 à 60 mm de précipitations, connaît une situation légèrement plus favorable.
La baisse des surfaces et des rendements de maïs fait également craindre un manque d’approvisionnement pour les éleveurs du département. Le déficit de fourrage et de paille entraîne déjà des conséquences sur les productions animales, avec des pertes de production et de valeur pour le lait comme pour la viande.
Des charges qui continuent d’augmenter
À cette situation climatique s’ajoute une nouvelle hausse des coûts : énergie, engrais, assurances, prestations et fermages. Pour de nombreuses exploitations, ces augmentations interviennent alors que les revenus agricoles ne permettent déjà plus de couvrir correctement les charges.
La Coordination Rurale demande des mesures immédiates
Face à cette situation, la Coordination Rurale de la Charente demande notamment :
- la mise en place d’un bouclier énergétique sur le gaz, le GNR, le fuel et l’électricité, ainsi que le gel du prix de l’eau ;
- le gel des fermages et une exonération de TFNB sur l’ensemble du territoire;
- une ISN renforcée et versée rapidement, dès septembre, avec des démarches simplifiées ;
- une année blanche bancaire pour les exploitants qui n’en ont jamais bénéficié, ainsi que l’absence de frais de dossier et la négociation des taux des crédits de trésorerie ;
- davantage de souplesse sur les MAE et des contrôles limités au strict nécessaire, en privilégiant l’avertissement à la sanction ;
- la suppression des intérêts sur les retards de paiement auprès des coopératives et de la MSA ;
- des contrats inter-filières pour faciliter l’accès à la paille, à prix abordable, ainsi qu’une aide au transport des fourrages ;
- la réquisition des sous-produits agroalimentaires disponibles, comme les mélasses, pulpes et drêches.
Pour la Coordination Rurale de la Charente, l’urgence est désormais de préserver les exploitations et leur capacité à produire. Les agriculteurs ne peuvent pas supporter seuls le coût de cette nouvelle crise.