Enfants, nous avons presque tous eu la chance d’aller au cirque. Les clowns, les numéros, les tours de piste… Quel plaisir !
Cette semaine, à l’occasion d’une rencontre avec le secrétaire général de la préfecture de la Manche et le directeur de la DDTM, nous avons parfois eu l’impression d’y retourner.
À une différence près : nous ne savions plus très bien si nous étions les spectateurs… ou les clowns.
Depuis deux ans, la Coordination Rurale de la Manche demande une chose pourtant simple : davantage de souplesse administrative et moins de contraintes inutiles pour les agriculteurs.
Et depuis deux ans ? Les règles s’empilent, les contrôles se multiplient et la liberté d’exercer notre métier semble se réduire un peu plus.
Lors de cette rencontre, nous avons une nouvelle fois exposé nos demandes. Elles ont été entendues et prises en note. Nous attendons maintenant de voir ce qui en ressortira concrètement.
Mais un sujet en particulier nous a fait bondir : l’eau.
Après les terres, l’eau ?
Il nous a été indiqué une volonté de mieux connaître et recenser les différentes ressources en eau utilisées sur les exploitations : forages, mares, retenues et autres modes d’approvisionnement.
Sur le papier, on nous parlera certainement de connaissance de la ressource, de gestion ou d’anticipation.
Mais lorsque nous avons abordé la question, le message que nous avons entendu était beaucoup moins anodin : l’eau a une valeur et son utilisation pourrait demain avoir un prix.
Voilà qui doit sérieusement nous interroger.
Car derrière un simple « recensement », quelle sera l’étape suivante ?
Déclarer ? Contrôler ? Compter les volumes ? Imposer de nouvelles règles ? Faire payer l’utilisation d’une ressource présente sur nos exploitations ?
Nous ne tirerons pas de conclusions avant que des décisions soient réellement prises. Mais nous refusons d’être naïfs.
Restons vigilants
À la Coordination Rurale de la Manche, nous considérons que l’accès à l’eau est un enjeu stratégique majeur pour l’avenir de nos exploitations.
Une mare entretenue depuis des générations, un forage financé par l’agriculteur ou une retenue créée pour sécuriser une exploitation représentent aussi du travail, des investissements et du capital agricole.
Nous n’accepterons pas que chaque ressource présente sur nos fermes devienne progressivement une nouvelle occasion de réglementer, contrôler ou faire payer.
Alors oui, restons particulièrement vigilants sur les informations que nous transmettons et sur l’utilisation qui pourrait en être faite.
Nous continuerons évidemment à participer aux réunions et à défendre nos positions auprès de l’administration. Mais participer ne signifie pas accepter.
Après deux années à réclamer de la simplification, nous attendons toujours de voir arriver la souplesse promise.
En revanche, pour les nouvelles contraintes, curieusement, le chapiteau semble toujours ouvert.
Vincent Lesage
Président
Coordination Rurale de la Manche