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Nom du rapport Greenpeace : un goût amer !

Coordination Rurale

Nom du rapport Greenpeace : un goût amer !

L’Association Nationale Pommes Poires (ANPP) avait demandé par voie de justice que le nom du rapport de Greenpeace intitulé « pommes empoisonnées » soit modifié, car elle jugeait ce titre « dénigrant pour le produit pomme » et soulignait que les contrôles analysés dans le rapport portaient sur l’eau, la terre, mais pas sur les pommes elles-mêmes.

La juge Catherine David a estimé que l’ANPP avait tort et que le rapport de Greenpeace « s’appuie sur une base factuelle en décrivant les pesticides les plus souvent rencontrés dans les vergers, pour en conclure que ces produits chimiques contaminent les pommes et qu’il est urgent de se tourner vers des solutions écologiques alternatives ».

Catherine David indique également que « contrairement à ce que prétend l’ANPP », « ce n’est pas la réputation de la pomme qui est mise en cause […] mais celle des pesticides utilisés pour cultiver les pommes, ce qui n’est pas objectivement contestable ». L’ordonnance fait valoir que « le consommateur est doué de raison et sait pertinemment que si les sols et l’eau sont contaminés, les produits agricoles qui poussent sur ces sols à l’aide de cette eau le sont également ». Si bien que « dire que les pommes sont empoisonnées lorsqu’elles poussent sur des sols remplis de pesticides ne constitue pas un propos dénigrant, dès lors qu’il s’appuie sur une base factuelle réelle, même si le rapport n’est pas construit avec une rigueur toute scientifique ».

Greenpeace n’a donc pas à modifier le titre de ce rapport… et pourra en produire de nombreux autres, sans aucune rigueur scientifique et en dénigrant le travail des agriculteurs sans jamais se préoccuper des conséquences sur les choix alimentaires des consommateurs français, qui ne se retourneront pas tous sur la production biologique (qui utilise d’ailleurs des produits phytosanitaires homologués AB) et achèteront de beaux fruits et légumes d’importation, souvent produits avec des matières actives interdites en Europe.

Nous restons stupéfaits que la justice se penche dans les questions agronomiques avec autant de brio, en affirmant qu’un produit présent dans le sol ou l’eau migre forcément dans la plante ! Les agriculteurs sont sans doute également très doués pour le droit ? Cette affirmation est aberrante car si elle était vraie, on ne pourrait plus produire dans de nombreux sols contaminés qui sont aujourd’hui des bassins de production florissants pour des productions spécifiques. Un seul exemple : la chlordécone aux Antilles n’est pas retrouvée dans de nombreux fruits, ce qui permet de cultiver les sols encore contaminés.

A noter que dans les autres pays européens le titre était beaucoup plus mesuré, parlant du « goût amer » des pommes. Tout comme ce jugement d’ailleurs…