L'info régionale

Réseaux sociaux

Nitrates, bons pour la santé : sur le plan médical, le débat est clos !

Nitrates, bons pour la santé : sur le plan médical, le débat est clos !

« Les scientifiques sont passés à autre chose ! » Ce sont les mots du docteur Gilles Demarque, nutritionniste intervenant à notre conférence sur les nitrates et la santé, à Chartres, le vendredi 24 janvier.

Plus de 130 personnes ont assisté à la conférence dont Christian Buson, Président de l’Institut Scientifique et Technique de l’Environnement, Claude Monnier, doyen de l’Académie d’Agriculture, Eric Thirouin, Président de la Chambre d’Agriculture et Michel Plovie, responsable du pôle environnement de la Chambre.

Voir la vidéo tournée par la France Agricole : cliquez ici

Nitrates exogènes (alimentaires) et endogènes (fabriqués par le corps humain)

Une alimentation riche en fruits et légumes est une solution santé : réduction de l’obésité, du risque de cancer et des problèmes cardio-vasculaires.

Les légumes sont naturellement riches en nitrates, de 2 unités à 0,5 unités par kilo (1 unité = 62 mg/kg de nitrates). Un régime équilibré vous fait ingérer 300 à 500 mg de nitrates par jour.

L’alimentation n’est pas seule source de nitrates. L’organisme produit lui-mêmes l’oxyde nitrique (NO) dont il a besoin (environ 50%), même si cette production se réduit avec l’âge. L’origine des nitrates exogènes (non fabriqués par le corps) est la suivante : 7% par les viandes, 13% par l’eau et 30% par les fruits et légumes.

Le nitrate alimentaire est précurseur d’oxyde nitrique, synthétisé par le corps humain. Cette molécule, dont le rôle a été découvert dans les années 1980, est utile à la vaso-dilatation et évite l’hypoxie musculaire. Cet oxyde est inactivé en moins d’une seconde par l’organisme après utilisation.

Dans la bouche, les nitrates sont transformés en nitrites salivaires puis en oxyde nitrique utilisable par l’organisme.

Les nitrites salivaires ont été à l’origine des débats sur la nocivité des nitrates car ils sont carcinogènes in vitro.
Les nitrates sont neutres en dehors de leur utilisation par l’organisme.

Intérêt physio-pathologique de l’oxyde nitrique :

– régénération cellulaire,
– prévention des thromboses, amélioration de la circulation sanguine,
– rôle avéré dans la régulation du stress,
– protection de l’estomac contre les ulcérations,
– protection contre les infections (lactosémie, échiacolie, etc )

Par ailleurs, les nitrates sont de plus en plus employés dans le domaine sportif pour accroitre les performances physiques. En effet, l’oxyde nitrique augmente la capacité du sang à transporter l’oxygène vers les muscles.

 

Dates importantes de la recherche médicale sur les nitrates :

1945 : méthémoglobinémie [cyanose du nourrisson] : origine de la condamnation des nitrates. Il a été largement démontré depuis que l’eau (et les nitrates qu’elle contient) n’est pas en cause, mais bien la stérilisation des biberons. [Dr Comly].

1956 : Découverte de l’effet carcinogène des nitrosamines [Dc Magee et Barnes] : point de départ des législations anti-nitrates.

1962 : Lois réduisant les nitrates dans l’eau (50mg/l) réglementation de la DJA nitrates (dose journalière admissible) à 3,65mg/kg/jour et DJA nitrites à 0,07 mg/kg/jour

1987 : Découverte de la production endogène des nitrates

1994 : Découverte du cycle entero-salivaire des nitrates

1998 : Prix de nobel de médecine remis aux professeurs Ignarro, Murad et Furchgott pour leurs travaux en faveur des nitrates

2010 : classification des nitrates et nitrites comme potentiellement carcinogènes sous certaines conditions (et non plus carcinogènes – le doute est inscrit dans la règle)

2011 : Colloque à Paris sous la direction du Professeur Cabrol démontrant que les nitrates sont bénéfiques pour la santé.

Analyse des griefs à l’encontre des nitrates

– Méthémoglobinémie [cyanose du nourrisson] :
Comly établit que les nitrates absorbés par le côlon transforment le fer hémoglobinémique en métal ferreux et donc conduisent à la cyanose.

Considérant que 98% des nitrates sont absorbés par le l’estomac et 2% par le côlon, cette analyse est caduque. En expérience in-vivo, aucun test n’est parvenu à produire une cyanose.

Le problème observé provenait de la stérilisation des biberons et non de l’eau.

– Risque carcinogène :
In vitro, les nitrites se transforment en nitrosamines cancérigènes. Mais in vivo, aucune expérience n’a réussi à produire ces nitrosamines.

On suppose que les anti-oxydants consommés détruisent les nitrosamines à mesure.

Conclusion :
Toutes les données historiques, l’expérimentation et l’épidémiologie démontrent l’absence de nocivité des nitrates. Bien au contraire, les bienfaits santé des nitrates sont de plus en plus étudiés et très clairement établis. De nombreuses équipes de recherche travaillent sur le nitrate, le nitrite et l’oxyde nitrique car les perspectives sont prometteuses en termes de santé publique.

Suite à une question d’un auditeur, le Dr Demarque répond : « il n’y a plus de débat sur les effets santé des nitrates! Leurs bienfaits sont largement prouvés et les scientifiques sont déjà passés à autre chose ! « 

Berkeley Test : quantité de nitrites contenue dans la salive

Après l’intervention du Dr Demarque, un test salivaire est proposé au public. Il s’agit du Berkeley Test, développé par Shawn Green, un chercheur américain.

Une trentaine de personnes se sont prêtées au jeu, en testant leur quantité de nitrite salivaire, avant et après ingestion de jus de betteraves riche en nitrates.

Les résultats sont impressionnants : une heure après l’ingestion de jus de betterave, la quantité de nitrite contenue dans la salive a fortement augmenté.

Ce test est utilisé aux Etats-Unis par les sportifs ou les personnes souffrant de pathologies cardiovasculaires, soucieuses de s’assurer que leurs besoins en nitrates sont suffisamment couverts.