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Nicolas Courmont : jeune et indépendant

Nicolas Courmont : jeune et indépendant

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Fils d’agriculteurs, Nicolas a un vieux rêve : reprendre l’affaire familiale. Créer sa propre entreprise et être indépendant n’auraient pas été possible sans le soutien et l’aide matérielle de ses parents.

A 29 ans, Nicolas a un parcours classique : bac pro agricole puis certificat de spécialisation en machinisme agricole à Lempdes près de Clermont-Ferrand. Dès son plus jeune âge, il aide ses parents sur la ferme et a très peu de doutes sur le métier qu’il souhaite exercer plus tard. Un métier honorable, celui d’agriculteur.

Il a choisi son métier par vocation

A la fin de ses études, il entreprend deux stages : un stage de 3 mois dans la Nièvre chez un céréalier qui travaillait uniquement en semi simplifié et un autre stage de 3 mois à Valence en production céréalière et plantes médicinales. Ce second stage lui a permis de découvrir un secteur qu’il ne connaissait pas. Son choix de reprendre par la suite l’affaire familiale a été une évidence, et aussi une occasion de devenir son propre patron et ainsi d’être indépendant.

Il s’installe donc en 2006, sur 120 ha en production céréalière : 42 ha de maïs irrigué, 24 ha en blé, 22 ha en colza, 21 en orge, 6 en prairies temporaires, 5 en surfaces non utilisables et 0,3 ha en jachère environnementale.

Un bilan fragile

De la première année d’installation, il garde un bon souvenir malgré l’ampleur de la tâche à accomplir et les heures de travail qu’il ne compte plus. Il n’avait pas d’annuités d’emprunt et il le dit lui-même : « j’ai eu de la chance de tomber à un moment où les prix ont flambé ». Mais des difficultés encore plus importantes que celles qu’il avait prévues ont surgi en 2008 et 2009. A une première année engloutie donc sous le travail, succèdent des années marquées par une chute des prix, une augmentation des charges très importante, de nombreux investissements.

En 2010, il commence une année avec des difficultés financières et reste sceptique sur son avenir. Il demande juste de vivre dignement de son travail.

Nicolas ne se fait pas d’illusion : l’avenir est très incertain pour des structures comme la sienne qui ont des emprunts lourds et une charge de travail importante. « Je me pose de nombreuses questions car je ne peux plus tasser mes charges » et ce malgré l’heureuse présence de ses parents sur la ferme. Il espère « maintenir le cap » et nourrit l’espoir que l’agriculture française puisse encore demain offrir à ses paysans du travail et la satisfaction de faire le plus beau métier au monde. Quand il peut prendre du recul sur sa pratique, il souhaite agrandir son exploitation, gérer la vente de ses céréales sur les marchés à terme et faire de la vente aux particuliers.

Engagé syndicalement

Nicolas commence à s’intéresser au syndicalisme et participe aux réunions de la Coordination Rurale. Une participation de plus en plus active qui l’a amenée à devenir président départemental de l’Allier, et ce malgré une faible représentativité de la CR dans ce département. Selon lui, un agriculteur doit être libre de choisir ce qui convient le mieux à ses terres et un syndicat doit défendre à tout prix les agriculteurs contre les règles abusives du système actuel. Cette implication lui permet surtout de conserver du recul par rapport à son travail quotidien et une ouverture sur l’extérieur qu’il juge indispensable à son équilibre.

Je me pose de nombreuses questions car je ne peux plus tasser mes charges