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Moisson 2021 en Haute-Marne : le ciel nous est tombé sur la tête !

Inondations Haute-Marne Arnaud Buat

Moisson 2021 en Haute-Marne : le ciel nous est tombé sur la tête !

Alors que le mois de juin promettait une récolte resplendissante en Haute-Marne, les pluies continuelles de juillet ont vite changé la donne. En effet, ces pluies, qui ont gorgé la terre d’eau, ont aussi provoqué des inondations importantes sur le département le 15 juillet dernier et ont été à l’origine d’énormes dégâts dans les habitations, mais aussi sur les exploitations agricoles.
En s’infiltrant dans les bâtiments agricoles, l’eau a, dans certains cas, endommagé la structure du bâtiment mais également le matériel coûteux qui s’y trouvait, ainsi que les stocks de fourrages et bottes de paille.

Au-delà des bâtiments, de nombreux champs ont été inondés. Ces parcelles ayant alors des pertes de rendements parfois élevées.

champ inondé Haute-Marne 2021

« Sur mon exploitation, ce n’est pas moins d’un mètre d’eau qui s’y est infiltré, du jamais-vu. Cet évènement exceptionnel a surtout été provoqué par les pluies continuelles qui se sont abattue sur la Haute-Marne ces derniers mois saturant la terre. L’eau de cette nuit du 15 juillet n’a donc pas pu être captée par la terre ce qui a provoqué les crues et inondations que l’on a constatées partout sur le département », relate Arnaud Buat, président de la CR 52.

Sur les parcelles, on constate ainsi des phénomènes de verse à cause des fortes pluies et des germinations précoces. Ces phénomènes se traduisent par des pertes directes pour les agriculteurs.

verses inondations Haute-Marne

Les éleveurs sont aussi durement touchés. De nombreuses prairies ont été inondées ce qui a obligé de sortir les troupeaux qui y pâturaient. De plus, ces inondations empêchent les premières fauches et diminuent donc le stock de fourrage que pourront réaliser les éleveurs.

 

Pâture inondée Haute-Marne

Il est important de préciser que ce ne sont pas les prix qui permettront aux éleveurs laitiers de remonter la pente : « Depuis l’élaboration de la loi EGAlim qui fixe un prix du lait à 420 €/ 1000 L, celui-ci n’a jamais était appliqué par nos coopératives ! Aujourd’hui, le prix du lait plafonne seulement aux alentours des 330 €/ les 1000 L pour Sodiaal en août, ce qui est bien insuffisant pour couvrir nos charges sans parler de rémunération. Aujourd’hui, avec l’augmentation des matières premières, le contenant coûte plus cher que le contenu pour une bouteille de lait. Ce n’est pas normal ! On voit bien que cette situation n’est plus tenable et cela se fait ressentir sur le terrain car de nombreuses exploitations arrêtent leur atelier laitier. Le phénomène continuera tant que nous ne serons pas correctement payés ! » S’insurge Arnaud Buat.

Des situations hétérogènes sur le département

Tout le département n’a pas été touché de la même manière par ces inondations. En effet, les fonds de vallée sont les zones les plus sinistrées. Contrairement aux hauts plateaux qui ont été relativement épargnés, les bordures de rivières et canaux ont souffert des débordements des cours d’eau.

Une moisson qui s’éternise

La météo n’est toujours pas au rendez-vous ce qui fait que de nombreux chantiers prennent du retard. Ces retards peuvent être dramatiques car les cultures seront de plus en plus sujettes à la germination et une perte de la qualité des grains va s’amorcer. La météo des prochains jours sera décisive pour ceux n’ayant pas finalisé la récolte.

À situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles !

Les agriculteurs ont déjà subi trois années de sécheresse ne permettant pas de bons résultats. Ces inondations viennent donc alourdir ce bilan et mettent en difficulté de nombreuses exploitations.

C’est pourquoi, la Coordination Rurale de la Haute-Marne demande que tous les leviers possibles soient mis en place par le département et la préfecture afin que tous les agriculteurs impactés puissent être indemnisés, qu’ils soient assurés ou non. De plus, nous demandons que les préjudices causés aux agriculteurs (exemple : impossibilité d’implanter les SIE et CIPAN dans les délais impartis) n’impactent pas leurs déclarations PAC ainsi que les aides qu’ils doivent toucher.