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La CR BFC adresse une lettre ouverte à Libération, qui confond pulvérisation et écocide

Libe ecocide

La CR BFC adresse une lettre ouverte à Libération, qui confond pulvérisation et écocide

Le 22 novembre dernier, le journal Libération publiait une interview de l’avocat Arnaud Gossement sur la création du délit d’écocide. Mais alors que l’interview ne mentionnait même pas l’agriculture, l’illustration de l’article était.. une photo d’un tracteur équipé d’un pulvérisateur… Une photo depuis modifiée, mais qui nous rappelle bien la déconnexion du monde du journalisme des réalités de l’agriculture.

Retrouvez la lettre ouverte de la CR BFC à Libération, reprise notamment sur la page Facebook de la CR :

 

Bonjour Libération,

Pour illustrer votre article « Délit d’écocide : «Nous avons surtout besoin de moyens humains pour faire respecter le droit de l’environnement» » publié ce dimanche 22 novembre, vous avez utilisé la photo d’un pulvérisateur attelé à un tracteur.
Mais quel lien entre écocide et traitement des champs ? Le pulvérisateur n’est qu’un outil, utilisé pour appliquer tous types de traitements, notamment les plus naturels, huiles essentielles, purins d’ortie, …

De plus, vous précisez en légende de cette illustration « Épandage de glyphosate, en mars 2019 ». Mais le glyphosate est un produit disposant d’une autorisation de mise sur le marché délivrée par l’ANSES, qui est prouvé ne pas nuire à la vie des sols, et que les agriculteurs peuvent légalement utiliser, dans des conditions précises et après avoir reçu des formations spécifiques et constamment mises à jour et renouvelées.

La nature est notre premier outil de travail, nous la connaissons, l’aimons et la respectons.
En faisant un lien insidieux entre écocide et agriculture, et ce alors même que l’interview n’évoque pas notre secteur d’activité, vous participez au dénigrement d’une profession dont les pratiques sont encadrées par des autorités s’appuyant sur des travaux scientifiques rigoureux et en évolution constante, et qui n’a pas attendu d’être pointée du doigt pour interroger ses méthodes de travail.

Croyez-vous sincèrement que nous montons dans nos tracteurs et dépensons temps et argent pour délibérément dégrader notre principale ressource productive ? Pour dégrader les terres que nous espérons laisser à nos enfants ? Ou est-ce qu’il est plus facile de générer de l’audimat en véhiculant une image négative d’une profession étranglée entre un système économique à bout de souffle et des attentes sociétales déconnectées des connaissances de terrain ?

Qu’en est-il des agissements de Lactalis ? de Lubrizol ? de Lafarge, comme le montrait justement votre enquête citée dans l’article ? des résidus médicamenteux dans nos rivières ? des ordures que nous ramassons régulièrement aux abords de nos champs ?
Autant d’atteintes à l’environnement aussi avérées que révoltantes, dont les agriculteurs sont bien plus victimes que coupables. Autant d’illustrations pertinentes pour votre article qui ne contribueraient pas à la désinformation de vos lecteurs sur les réalités de l’agriculture.

Au plaisir de vous accueillir dans nos fermes pour une immersion dans le monde paysan !