L'info régionale

Réseaux sociaux

Lettre ouverte à Jean Castex, Premier ministre, Olivier Véran, ministre de la Santé et Julien Denormandie, ministre de l’Agriculture

coronavirus covid-19

Lettre ouverte à Jean Castex, Premier ministre, Olivier Véran, ministre de la Santé et Julien Denormandie, ministre de l’Agriculture

Monsieur le Premier ministre, Messieurs les ministres,

Afin de ralentir la propagation de l’épidémie de COVID-19 sur notre territoire, vous avez décidé de fermer les restaurants dans les zones d’alerte maximale et de restreindre leur ouverture dans les zones d’alerte renforcée (1). La France est un pays où les restaurateurs subliment les produits agricoles français. Cette relation entre restaurateurs et agriculteurs fait vivre notre culture gastronomique et les restaurants sont autant de relais qui mettent à l’honneur des produits de qualité et valorisent leur origine France.

En tant que deuxième syndicat agricole français, la Coordination Rurale, s’interroge sur ces décisions qui vont avoir des répercussions économiques d’une très grande ampleur pour les agriculteurs.

Comme l’a montré le confinement, les producteurs de pommes de terre et les viticulteurs sont fortement dépendants des restaurateurs qui sont pour beaucoup leurs principaux clients. L’impact sur la filière viticole promet d’être considérable, les cuves étant pleines compte tenu de la bonne récolte de 2020. De nombreux viticulteurs vont perdre leurs débouchés tandis que le prix de leur production va s’effondrer. Il en est de même pour les producteurs de fruits et légumes pour qui la restauration constitue un débouché privilégié.

En ce qui concerne l’élevage, les producteurs de fromage sous signe de qualité ont subi une chute de plus de 60 % de leurs ventes en raison de la fermeture d’une grande partie de la restauration en ce début d’année. Ces producteurs sont généralement organisés en petites structures disposant de capacités de stockage restreintes et de trésoreries fragiles. De nouvelles fermetures, ne serait-ce que partielles, pourraient être fatales à une partie de ces éleveurs. Les éleveurs bovins, ovins et caprins, très dépendants de la restauration pour écouler la vente des jeunes animaux, redoutent également de nouvelles fermetures. La fermeture des restaurants et des fast-foods dans la plupart des pays européens a en effet lourdement impacté le marché européen du jeune bovin.

Vous n’êtes pas sans savoir que les mesures d’hygiène appliquées dans les restaurants sont des plus strictes depuis leur réouverture. Les clusters ne se trouvent pas dans les restaurants mais principalement en entreprise, dans le cadre d’événements familiaux ou dans les écoles. Selon certains spécialistes, fermer les lieux de repas encadrés tels que les restaurants revient ainsi à favoriser les lieux sans contraintes sanitaires et donc la propagation du virus.

Nous comprenons que la situation sanitaire actuelle peut vous amener à prendre des décisions difficiles, mais il est urgent de trouver des solutions économiquement acceptables. Cependant, afin de préserver la santé financière de nos agriculteurs et donc notre souveraineté alimentaire, il convient a minima de limiter les importations, et ce, afin qu’elles ne pèsent pas à la baisse sur le prix des productions françaises. Dans le cas contraire, un bon nombre d’exploitations vont, malheureusement, faire faillite en entraînant avec eux de très nombreux salariés du secteur.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Premier ministre, Messieurs les Ministres, l’expression de notre très haute considération.

Bernard Lannes
Président national

Alexandre Armel
Responsable de la section viande

Xavier Desouche
Responsable de la section viticole

Sébastien Heraud
Responsable de la section fruits et légumes

Patrick Legras
Responsable de la section pommes de terre

Sophie Lenaerts
Responsable de la section lait[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

(1) Lettre envoyée le 2 octobre dernier. Le protocole sanitaire mis en place à Marseille et Aix-en-Provence a permis la réouverture des restaurants dans ces deux villes et la CR espère qu’il sera déployé sur l’ensemble du territoire, notamment dans les villes placées en zone d’alerte maximale comme Paris, et ce, afin d’éviter autant que faire se peut la fermeture des restaurants.