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Les vœux de Jean-Louis Ogier

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Les vœux de Jean-Louis Ogier

Cher(e)s collègues,


Je vous adresse tous mes vœux de santé, de prospérité, de réussite et de bonheur pour vous et votre famille. Au lendemain de ces périodes de fêtes, où nos produits ont été consommés abondement dans tous les foyers, où nous avons nourri nos concitoyens et leur avons fourni un peu de bonheur et de réconfort, je voudrais que vous soyez fiers d’être agriculteur.

En cette période de partage, j’ai une pensée pour un Homme, un grand Homme : Jacques Laigneau. Je voudrais vous partager l’une de ses interventions, qui date de notre congrès de 2006 aux Sables-d’Olonne, et qui est plus que jamais d’actualité. Je voudrais que ses mots vous accompagnent durant toute cette année et même bien plus encore.

« Si je suis là, c’est parce que je me sens encore paysan jusqu’au fond des tripes et que je souffre avec vous. Oui, je souffre de voir à quel point on nous maltraite. C’est trop injuste. Quand j’entends à la télé ces gens malhonnêtes qui nous crachent dessus, ça me fout en colère ! Ils bétonnent la nature, balancent toutes leurs saloperies dans les rivières et nous accusent d’être les plus gros pollueurs ! Je me demande pourquoi ils viennent passer leurs week-ends dans nos campagnes si polluées ! Ça devient dingue : quand il fait sec c’est de la faute des paysans et quand il pleut trop c’est encore de notre faute ! Comme si nous avions le pouvoir de faire la pluie et le beau temps… !
Oui mes amis, je ne supporte pas qu’on nous accuse et déshonore aussi injustement.
Car nous sommes les gens les plus utiles. Il faut le dire et le répéter. On cherche à minimiser notre fonction nourricière pour faire de nous des cantonniers fonctionnaires ou des pétroliers (pétroliers hélas sans pétrodollars…), ça c’est secondaire. Notre 1ère raison d’être c’est de nourrir les gens. Si on ne mange pas, on ne peut pas vivre. Donc nous sommes indispensables, encore plus utiles que les médecins.
Et ce qui est formidable, c’est que non seulement nous sommes responsables de la vie des hommes de notre temps, mais aussi de celle des générations futures. Car c’est nous qui entretenons la fertilité de la terre ; cette petite couche de quelques centimètres de terre arable sans laquelle on ne pourrait plus produire notre nourriture. Et cela nous avons su le faire pendant plusieurs milliers d’années (excusez du peu… en matière d’expérience on ne peut guère trouver mieux !) et sans avoir sur le dos des contrôleurs de toutes sortes qui nous gâchent la vie et voudraient nous apprendre notre métier alors que la plupart ne sauraient même pas vêler une vache… !
Je vous l’ai déjà dit, nous sommes les gérants du patrimoine le plus précieux. Mais je vous dis aujourd’hui que nous sommes plus encore : nous sommes nous-mêmes un patrimoine. Nous sommes la plus précieuse des espèces en voie de disparition ! Cela mériterait quelques considérations notamment de certains écolos imbéciles qui nous préfèrent les ours et les loups ! Les pros de l’écologie c’est nous.
Nous sommes aussi partie intégrante du patrimoine de notre pays. Tous ces châteaux, ces paysages, ces cathédrales, toutes ces richesses que le monde entier vient visiter ont été bâties avec la sueur et le sang de nos ancêtres paysans. Cela encore mériterait quelque reconnaissance… Mais ils n’ont même plus la reconnaissance du ventre ! Pas même les obèses ! S’il n’y avait pas eu d’agriculteurs, nous serions encore tous nomades vivant de chasse et de cueillette.
Nous sommes donc également les racines d’une culture, d’une civilisation, elle aussi en voie de disparition. Une civilisation du bon sens et du respect des autres, qui est née de notre immersion dans la nature. Car nous savons que cette nature obéit à des règles et que si nous ne les respectons pas nous irons droit à la catastrophe. Confronté parfois aux temps trop secs ou trop pluvieux l’agriculteur est rarement un extrémiste. L’agriculture est une école de sagesse.
Enfin, nous avons encore une raison pour dire que notre métier est unique, grand et noble, car nous « cultivons la vie » ! Mes amis, ne cessez jamais de vous émerveiller, résistez à ceux qui veulent faire de vous des industriels matérialistes.
Quoi de plus extraordinaire, de plus merveilleux qu’un blé qui lève, un veau qui naît, un poussin qui sort d’un œuf ?! Cela nous dépasse, nous transcende bien au-delà des soucis du seul profit. C’est infiniment plus que de la magie ! Rien n’est plus beau, plus précieux que la vie. C’est pour cela aussi que notre métier est merveilleux et chargé de valeurs spirituelles. C’est pour cela que c’est une vraie vocation.
Donc mes amis relevez la tête. Soyez fiers d’être agriculteurs ! »