L'info régionale

Réseaux sociaux

Les soutiens publics font le seul revenu des agriculteurs : un système fragile !

CR

Les soutiens publics font le seul revenu des agriculteurs : un système fragile !

En 2019, le résultat net de la Ferme France est de 15,9 milliards € tandis que les soutiens accordés à l’agriculture s’élèvent 14,74 milliards €. Le système tel qu’il fonctionne aujourd’hui n’est pas pérenne alors même qu’il y a et aura toujours de la demande en matière d’alimentation. Il est inconcevable et non viable de laisser le secteur agricole sous perfusion, avec encore, cette année 2019, un résultat net provisoire par actif non salarié agricole en baisse de 8,6% ! La seule solution pour pouvoir se passer de ces primes et faire prospérer l’agriculture française c’est de redonner aux produits agricoles leur juste PRIX !

« Nous parlerions d’une entreprise non agricole et nous présenterions ces comptes à un banquier il ne nous suivrait pas ! », s’insurge Véronique Le Floc’h, secrétaire générale de la Coordination Rurale qui participait, ce vendredi 3 juillet, à la présentation de la Commission des comptes de l’agriculture de la nation (CCAN).
« Mais là on parle d’alimentation qui génère beaucoup d’emplois dans le para-agricole, et des débouchés il y en aura toujours ! Quand une entreprise ne fonctionne pas c’est souvent lié à un problème de produit ou de prix. Or, la France propose une agriculture avec des structures familiales qui offrent en quantité des produits de qualité et reconnus partout ailleurs. C’est inacceptable qu’on ne puisse pas vivre de notre métier ! »

Mis à part la Coordination Rurale, la profession a trop longtemps considéré que la main-d’œuvre et la marge de sécurité ne faisaient pas partie des coûts de production. Bilan : l’agriculture vit d’aides, lesquelles sont en réalité indirectement captées par les industriels qui achètent moins chers les produits agricoles. S’ils ont pu établir leurs prévisionnels financiers sur ces bases depuis si longtemps, il est urgent de réfléchir à un plan qui intégrera ces postes de charges, faute de quoi ils finiront par ne plus avoir de matières premières françaises !

La CR demande que la crise sanitaire que nous traversons soit l’occasion de repartir d’une page blanche pour une juste et cohérente construction du prix agricole :

  • un prix de vente qui couvre les coûts de production ;
  • la prise en compte d’une juste rémunération (a minima 2 Smic net) dans ces coûts de production ;
  • une PAC assise sur l’exception agriculturelle, régulant les marchés et les prix.

 

« Nous demandons des décisions politiques fortes pour que notre travail soit payé, pas subventionné. Dans le cadre de la PAC, l’État va devoir se positionner sur un plan stratégique national : veut-il reprendre la main sur l’alimentation de son pays et permettre à ses agriculteurs d’avoir des prix rémunérateurs, ou compte-t-il cautionner la renationalisation de la PAC et proposer un plan stratégique national rigide et contraignant qui accélérerait la disparition des agriculteurs français, impliquant une dépendance alimentaire toujours plus forte aux autres pays. Nous venons de réaliser ce que la dépendance implique alors que nous avons manqué de masques chirurgicaux pendant près de deux mois. Tirons des leçons de nos erreurs passées et vite ! »