Stéphane Le Foll a présenté hier au Conseil des ministres un nouveau plan de relance pour l'élevage. La CR, bien que 2ème syndicat agricole représentatif, en a appris le contenu par la presse et tient à réagir face à cette nouvelle mascarade. 

1) Des soutiens spécifiques à l'effet douteux

Concernant les soutiens spécifiques liés à la prochaine PAC (soit au plus tôt en 2015), les propositions de ce plan n'apportent aucune visibilité à l'élevage français. Il y a même fort à parier que l'harmonisation des DPU pénalisera certains éleveurs dont les DPU comportent d'anciennes primes animales (PSBM, PAB, …).

2) Des mesures en trompe l’œil pour les nitrates

L' « assouplissement » du durcissement du 5ème plan d'action de la directive nitrates, apparaît dérisoire à la CR (qui avait néanmoins fait de nombreuses propositions en ce sens au moment des débats) au vu de l'imposture scientifique à l'origine du problème : les nitrates ne représentent aucun danger pour la santé et ceux issus de l'agriculture ne sont pas responsables du développement des algues vertes.

3) La France en retard sur la méthanisation

Le développement de la méthanisation est un enjeu crucial pour nos élevages, si celui-ci n'était pas réservé aux plus gros d'entre eux, ce qui semble être le cas de ce plan. Par conséquent, ce plan risque même de précipiter la chute des plus faibles, incapables d'investir.

4) Une retraite décente et une année blanche plutôt que des reports de cotisation

Les reports des échéances, qui cette fois-ci concernent les cotisations sociales, font suite à ceux du PSEA (plan de soutien exceptionnel à l'agriculture) de 2009 puis du plan d'urgence sécheresse de 2011, mis en place par le gouvernement précédent : ils ne font que remettre à plus tard la difficulté de paiement, alors qu'une année blanche aurait été un véritable coup de pouce. Le travail des éleveurs ne leur permet pas d'avoir un revenu, et par conséquent de capitaliser pour leur retraite.

5) Une nouvelle PAC pour des prix justes et rémunérateurs

Enfin, il est certes intéressant de se pencher sur le détail des relations commerciales et contractuelles, mais les intermédiaires ont montré qu'ils pouvaient contourner les cadres imposés en important des produits agricoles ou alimentaires à bas prix. C'est donc un travail politique plus profond qu'il convient de mener. 

Il s'agit soit de continuer à gérer l'ensemble des dégâts de la politique agricole par une communication trompeuse, soit d'affronter enfin la réalité de l'agriculture européenne et avoir le courage de réformer la PAC en profondeur afin que les éleveurs puissent vivre normalement de leur travail.

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