Après la diminution des aides à l'exportation de volailles qui touche de grands groupes comme Doux, ce dernier vient d'annoncer qu'il répercuterait cette baisse sur les éleveurs. La Coordination Rurale s'insurge contre cette réaction qui fait montre du peu de considération de certains industriels pour les producteurs qui les font vivre en leur fournissant de la matière première de qualité.

Les producteurs intégrés toujours perdants

Quand le groupe fait des bénéfices, les éleveurs n'en voient que des miettes, mais quand il est dans la tourmente, ils peuvent à juste titre craindre d'en subir bien plus nettement les conséquences. Le modèle d'intégration est un véritable échec pour les producteurs. Les propositions portées par la CR afin d'améliorer le sort des éleveurs intégrés prennent ici tout leur sens :

  • Rendre l’intégrateur co-responsable des risques financiers qu’il fait courir à l’agriculteur.
  • Créer un statut social particulier pour l'éleveur intégré afin de le protéger et l'indemniser si la situation de l'intégrateur se dégrade.

Pour la régulation de la production et des prix rémunérateurs

Sans régulation de la production, l'intégration et la contractualisation sont un piège pour les producteurs. En effet, il existe un déséquilibre majeur quant aux rapports de force avec les industriels qui peuvent asservir les producteurs en les obligeant à continuer de produire, même à perte. On voit clairement ici les effets pervers du système artificiel des aides mis en place avec la réforme de la PAC de 1992. Il est urgent pour préserver et développer nos productions de qualité de rémunérer de manière équitable le travail des éleveurs. Pour porter haut et fort ce message de défense des éleveurs, la CR des Côtes d'Armor a rassemblé hier soir de nombreux producteurs qui ont décidé une grève des mises en place.

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