Cette campagne 2022 est exceptionnelle à plus d’un titre : envolée des prix des intrants ne pouvant être anticipée et générant des coûts de production très hétérogènes, contrats de vente avant moisson avec des prix pouvant aller du simple au double… C’est à présent le climat qui se rappelle à nous.

La sécheresse qui a sévi sur la quasi-totalité du territoire national a conduit de nombreux agriculteurs qui le pouvaient à irriguer leurs céréales à pailles, ce qui ne se fait habituellement pas, ces dernières se satisfaisant, en temps normal, des pluies printanières. Celles de ces derniers jours ne permettront pas de rattraper les effets du manque d’eau sur les rendements.

Nous ne sommes que fin juin et des arrêtés ont déjà été pris dans certains départements pour interdire aux agriculteurs l’irrigation en journée. Dans d’autres secteurs, l’irrigation est interdite le dimanche, ce qui conduit certains irrigants à devoir arroser dans de mauvaises conditions pour tenir compte de ces contraintes.

Nous constatons une fois encore que c’est l’agriculture qui est ciblée dès qu’il s’agit de restreindre ou d’interdire l'accès à l'eau. Pourtant quoi de plus naturel que d’arroser pour sauvegarder la vie des plantes et du sol ? Oserait-on demander à une usine de mettre ses salariés au chômage technique parce qu’elle utilise trop d'eau ?

« Non seulement personne ne se demande combien va coûter la sécheresse aux agriculteurs, mais en plus on les empêche de sauver ce qui peut l'être ! », déclare Gilles Cierge, agriculteur à Lempdes (63), qui constate des rendements catastrophiques (28 quintaux en orge, estimation de 30 quintaux en blé).

Si les volumes de stockage d’eau disponibles aujourd’hui sont insuffisants, il est urgent de mettre les moyens et de lever les freins administratifs afin d’investir dans des systèmes de stockage permettant d’utiliser l’été l’eau qui est tombée pendant l’hiver.

Plutôt que de faire miroiter aux agriculteurs une illusoire « assurance récoltes » pour les couvrir des risques financiers de la sécheresse le bon sens et la logique économique exigent de leur permettre de mettre en œuvre les moyens de garantir l’excellence de la récolte. En cas de sécheresse, c’est bien l’irrigation et non l’assurance, qui permettra de continuer à nourrir les consommateurs.

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