À compter du 1er juillet 2026, une nouvelle mesure entre en vigueur pour les parents relevant de la Mutualité Sociale Agricole (MSA). Les salariés agricoles, mais aussi les exploitants agricoles, conjoints collaborateurs et aides familiaux peuvent désormais bénéficier d’un congé supplémentaire de naissance.
Une évolution attendue qui vise à mieux concilier vie familiale et activité professionnelle, dans un métier où s’absenter de son exploitation reste souvent particulièrement compliqué.
Un nouveau droit pour les deux parents
Ce congé supplémentaire est un droit individuel, ouvert aussi bien à la mère qu’au père ou au conjoint de la mère (marié, pacsé ou en concubinage).
Il peut être pris à la suite des congés de maternité, de paternité ou d’adoption.
Les principales modalités sont les suivantes :
- jusqu’à deux mois de congé par parent ;
- possibilité de le prendre en une seule fois ou de le fractionner en deux périodes d’au moins un mois ;
- les deux parents peuvent en bénéficier simultanément ou à des périodes différentes ;
- le dispositif concerne les enfants nés ou adoptés à compter du 1er janvier 2026.
Une indemnisation adaptée aux exploitants agricoles
Contrairement aux salariés, les exploitants agricoles doivent assurer la continuité de leur exploitation pendant leur absence.
La MSA prévoit donc deux possibilités.
- Le remplacement sur l’exploitation
- La solution privilégiée reste le recours à un remplaçant.
Deux situations sont possibles :
- la MSA prend directement en charge le coût d’un Service de Remplacement (hors CSG et CRDS) ;
- si l’exploitant recrute lui-même un salarié, la MSA rembourse les salaires et les charges, dans la limite prévue par la convention collective applicable.
Une indemnité journalière si aucun remplacement n’est possible
Lorsque le remplacement est impossible — faute de main-d’œuvre disponible ou en raison de la spécificité de l’exploitation — la MSA prévoit le versement d’une indemnité journalière forfaitaire de 60,26 € par jour, sous réserve que l’activité soit totalement interrompue.
Des démarches à anticiper
L’organisation d’un remplacement demande de l’anticipation. La demande doit être adressée à la MSA au moins un mois avant le début souhaité du congé. La MSA propose désormais une démarche en ligne permettant de déposer simultanément la demande de congé maternité, paternité ou adoption et celle du congé supplémentaire de naissance.
Une avancée… qui devra être pleinement effective
Pour la Coordination Rurale, cette mesure constitue une avancée positive. Les agricultrices et agriculteurs doivent pouvoir profiter pleinement de l’arrivée d’un enfant sans être contraints de reprendre leur activité faute de solution.
Cependant, cette nouvelle possibilité ne prendra tout son sens que si des remplaçants sont réellement disponibles sur l’ensemble du territoire. Dans de nombreux départements, les Services de Remplacement rencontrent déjà des difficultés de recrutement, ce qui pourrait limiter l’accès effectif à ce nouveau droit.
La Coordination Rurale sera donc attentive à la mise en œuvre concrète de cette réforme afin que chaque famille agricole puisse bénéficier de ce congé dans des conditions réellement adaptées aux réalités du terrain.