Une étude publiée par le Haut conseil de la coopération agricole (HCCA) dresse un portrait préoccupant des instances dirigeantes de nos coopératives. En moyenne, un conseil d’administration compte 14,2 membres, dont seulement 10 % de femmes. Ce chiffre, en 2025, est tout simplement inacceptable.
La Coordination Rurale tient à tirer la sonnette d’alarme : « Nous ne réclamons pas la parité par principe », explique Natacha Guillemet, responsable de la section agricultrices de la Coordination Rurale, « mais nous demandons que les coopératives agricoles soient enfin représentatives du terrain. Les femmes sont de plus en plus nombreuses à diriger des exploitations, à innover, à s’impliquer dans les filières et dans la vie rurale. Leur faible présence dans les conseils d’administration ne reflète pas cette réalité ».
Des conseils figés, peu ouverts au renouvellement
L’étude révèle par ailleurs que 13 % des coopératives n’ont renouvelé aucun membre en cinq ans, et que l’âge moyen des administrateurs s’élève à 51 ans. Ces chiffres traduisent un manque d’ouverture et un fonctionnement parfois verrouillé, où le renouvellement peine à se faire. Les conseils d’administration, qui se réunissent en moyenne sept à huit fois par an, restent trop souvent des cercles restreints, éloignés de la diversité du monde agricole.
Il est temps d’ouvrir les portes
Les qualités recherchées chez un administrateur, la discrétion, la connaissance des règles et le travail en équipe, ne sont pas réservées à une catégorie de personnes. De nombreuses agricultrices répondent à ces critères et ont toute légitimité à contribuer à la gouvernance de nos coopératives.
La Coordination Rurale appelle donc à favoriser la participation des femmes dans les conseils d’administration, non par obligation réglementaire, mais par volonté de représenter fidèlement l’agriculture d’aujourd’hui.
Une question de vitalité démocratique
« Nos coopératives sont des outils puissants de valorisation collective, mais elles ne pourront rester vivantes et crédibles que si elles se réinventent et s’ouvrent. La diversité, qu’elle soit de genre, d’âge ou d’approche, est une richesse pour l’avenir du monde agricole. A la Coordination RUrale nous pensons qu’il est temps que les coopératives prennent pleinement conscience de cet enjeu et mettent en œuvre des politiques concrètes pour former, accompagner et encourager les femmes à s’engager, ce que nous faisons dans notre syndicat également », conclu Natacha Guillemet.
