Selon l’Agence Bio, entre janvier et août 2022, quelques 2 174 producteurs ont opté pour la déconversion. En 1 an, l’augmentation constatée est de 42 %.
Si le phénomène reste marginal, les « abandons » représentant seulement 4 % des 58 720 fermes certifiées du territoire, la tendance montre toutefois un problème généralisé à l’ensemble de la filière.
Les pourcentages d’arrêt sont particulièrement élevés dans le porc (6 %), l’apiculture (5 %) et les œufs (4,5 %). Mais ce sont les grandes cultures qui occupent le haut du classement des déconversions en valeur absolue, avec 361 arrêts en 2021.

Un contexte économique peu porteur

Mais pourquoi observe-t-on un tel recul ? Seules quelques enquêtes fournissent des chiffres précis sur les raisons de ces arrêts, et le secteur en est réduit aux suppositions.
Toutefois, pour Franck Olivier, responsable de la section Bio à la Coordination Rurale, « ce phénomène intervient dans un contexte de surproduction et d’engorgement des marchés du lait, des œufs ou des légumes, et ce certainement pour plusieurs années, qui finit par pousser les agriculteurs à revenir au conventionnel. À cela, il faut ajouter la nouvelle politique agricole commune, davantage centrée sur les aides à la conversion plutôt que celles au maintien ».

L’inflation sur les produits alimentaires

Selon lui, l’inflation sur les produits alimentaires – les produits bio étant souvent plus chers – n’est pas non plus étrangère à la problématique. « La déconversion est souvent le choix de la raison pour les agriculteurs, qui font fasse également à un vrai déclin de la demande pour le bio », souligne Frank Olivier.
Entre janvier et septembre 2022, les achats de produits bio ont en effet dégringolé de 6,3 % en France selon la Fédération nationale d’agriculture biologique (FNAB), un recul pour la deuxième année consécutive.

Une crise qui risque de durer

Cette tendance va-t-elle durer ? « Difficile à dire, certaines productions laissent encore la porte ouverte au Bio, notamment la filière vin qui est en croissance ou encore les fruits et légumes qui peuvent bénéficier des obligations de la loi Egalim II, à condition toutefois que la restauration collective respecte l’objectif de 20 % de produits biologiques, comme prévu.… Or, nous en sommes encore loin. Sans aucun signe fort et mesures d’accompagnement, et sans révision de la nouvelle PAC notamment sur les aides à la conversion, cette crise risque d’être longue et éprouvante pour des agriculteurs déjà affaiblis », prévient Frank Olivier.

Si elles venaient à se multiplier, ces sorties de l’agriculture biologique compromettraient l’objectif national d’atteindre 18 % de surfaces agricoles en bio en 2027 (contre 9,5 % fin 2020).

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