Devant les écarts concurrentiels grandissants entre la production française et les pays tiers, nous avions fortement proposé, dès 2012, le projet d'un étiquetage de l'origine des plantes et notamment des fleurs coupées. À l'époque, l'horticulture comptait encore plus de 4 500 entreprises (1). L'idée avait germé suite aux échanges avec plusieurs médias (dont 60 Millions de consommateurs). Les végétaux hexagonaux subissaient une concurrence toujours plus exacerbée de la part des pays ignorant les normes sociales et environnementales. Certes, nous étions confrontés aux interrogations du secteur commercial qui pour nombre de végétaux ne trouvait plus de productions françaises. Cependant, il restait à l'époque suffisamment de producteurs pour espérer un rebond et pourquoi pas une reprise des gammes abandonnées à la concurrence.

Dès l'annonce, notre projet fut rejeté par la quasi-totalité des organisations syndicales de l'interprofession. Les plus polis prétextèrent sont "infaisabilité". Une fin de non-recevoir sans discussion possible. Dix années plus tard, une organisation syndicale déclare vouloir étiqueter les plantes et faire apparaître aux yeux du grand public leur origine. Manifestement, il suffit qu'une autre organisation que l'UNIPHOR ou la Coordination Rurale fasse part d'une idée pour que s’ouvre le débat. Un débat, sans doute, à la mémoire des 1 600 entreprises de production qui ont disparu ces 10 dernières années (2). L'idée arrive avec une décennie de retard. On peut craindre qu'elle génère de nombreuses et longues études aux coûts pharaoniques, laissant ainsi le temps de voir la génération des années 60 partir à la retraite. Un terrible gâchis, c'est le seul qualificatif qui sied à cette séquence.

  (1) FAM La filière horticole, données 2014 (2) FAM La filière horticole, édition 2022 (2 936 entreprises recensées).

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