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Les Saints de glaces sous les Tropiques !

Les Saints de glaces sous les Tropiques !

La sécheresse continue de s’abattre sur la Lozère et le Gard, conséquence du déficit de précipitations, de septembre à mars , période de recharge des nappes phréatiques.
Météo France a enregistré des cumuls faibles entre décembre et janvier : entre 35 et 40 % des précipitations normales dans le Gard, 45 % dans les P-O, l’Aude et la Lozère. C’est donc moins de 50 % des précipitations habituellement attendues depuis septembre, Ce phénomène est à l’origine de cette sécheresse hivernale.

Avec ses vignes vertes et des pelouses encore grasses, l’ouest du Languedoc-Roussillon est encore épargné. La situation est bien plus critique pour la Lozère et le Gard. Les niveaux des nappes phréatiques sont préoccupants à la veille de la saison estivale. Cette absence de pluie est susceptible d’affecter les cultures de printemps, ainsi que les prairies, avec une potentielle baisse de rendement si la situation perdure, prévient le Ministère de l’Agriculture.

 

Signe du dérèglement climatique

 

Le 11 mai débute la fameuse période des « Saints de glace », durant laquelle, selon la croyance populaire, des gelées tardives sont toujours possibles, jusqu’à la fin du mois. Cette année, les agriculteurs craignent plutôt des pics de chaleur . Le seuil symbolique de 30°C pourrait être franchi dans les prochains jours. Avec des températures semblables à celles de fin juin, voire de début juillet, les valeurs maximales de l’après-midi devraient être supérieures de 8 à 9°C par rapport aux moyennes enregistrées entre 1981 et 2010.

Cette situation anormale est l’un des symptômes du changement climatique, dont les signes se multiplient, avec des conséquences de plus en plus désastreuses, notamment en agriculture. Entre potentielles gelées où chaleur suffocante, le mois de mai est souvent décisif pour l’avenir des cultures…

Cela donne matière à réflexion concernant nos habitudes, et leurs conséquences pour le futur. La sécheresse des sols et le déficit pluviométrique doivent nous questionner sur la manière dont nous gérons la ressource en eau.

La Coordination Rurale milite pour multiplier les projets de création de retenues d’eau. Remplies l’hiver par pompage dans la nappe phréatique en période de pluviométrie abondante uniquement, et en fonction de la répartition du volume préalable défini par les services de l’État. Ou par ruissellement ou écoulement d’une source. L’eau pluviale hivernale excédentaire est utilisée l’été en période de déficit hydrique, pour irriguer les cultures, en substitution des volumes habituellement puisés dans les cours d’eau.
Il s’agit d’utiliser l’eau de l’hiver pour irriguer l’été, d’avoir une gestion raisonnée de la ressource, guidée par le bon sens.

 

Accompagnement de l’État

 

Afin d’anticiper les conséquences du changement climatique, plusieurs annonces ont été faites par les services de l’État :

– une enveloppe de 100 M€ consacrée aux agences de l’eau pour « optimiser l’accès à la ressource », notamment par la création de nouvelles retenues d’eau,

– des mesures annoncées lors du Varenne agricole de l’eau : optimisation des retenues d’eau existantes d’ici 2022, création d’un observatoire dédié à la réutilisation des eaux usées, base d’indicateurs complète destinée aux agriculteurs par Météo France, révision de la pertinence de certaines réglementation dans le contexte de changement climatique, etc…

– un enveloppe de 20M€ supplémentaires pour le guichet « Troisième révolution agricole », fonds d’aide aux agriculteurs abondé à hauteur de 20M€ initialement.

« En restituant plus d’eau dans les sols, par les pluies reçues sur les terres, qu’elle n’en utilise, l’agriculture réalimente les nappes phréatiques. C’est pourquoi la Coordination Rurale défend l’irrigation sans complexe à partir du moment où elle respecte les équilibres vitaux. L’irrigation régule le rendement, assure la bonne gestion des fertilisants et augmente l’hygrométrie de l’air, si précieuse en période de forte chaleur. C’est de plus une réponse concrète pour garantir une alimentation de qualité et améliorer le revenu des agriculteurs. » commente Alain Pouget, Président de la CR48 et de la CRUR Occitanie.