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Les produits phytopharmaceutiques (PPP)

Les produits phytopharmaceutiques (PPP)

L'irrigation : La position de la Coordination Rurale

Les PPP sont fabriqués par des industries agrochimiques. Ensuite, les pouvoirs publics évaluent le risque lié à chaque produit (conséquences sur la santé, risques pour l’environnement, etc.) et décident ou non de les homologuer, c’est-à-dire d’autoriser ou non leur utilisation, parfois assortie de conditions spécifiques d’emploi.

Les PPP sont-ils dangereux ?

C’est pourquoi il faut cesser de traiter les agriculteurs de pollueurs, car ils ne font qu’utiliser les produits autorisés pour exercer leur métier, dans un contexte économique très difficile. Il est nécessaire de rappeler le rôle et les responsabilités de chacun. Si un produit est dangereux, que l’Etat interdise son utilisation, et n’oublie pas d’examiner avec attention les conséquences pour les utilisateurs et d’y remédier au plus vite, sans oublier l’impact sur la quantité et la qualité des productions agricoles. Il s’agit donc d’un vrai problème de société, alors qu’on assiste trop souvent à un procès à charge contre les agriculteurs.

La plus simple prévention possible des risques liés aux PPP est l’obligation pour les fabricants de fournir une notice d’utilisation immédiatement lisible, rédigée de façon claire et compréhensible, et de renforcer l’accès à l’information. Mais pour améliorer la garantie d’innocuité de ces produits, il est tout d’abord essentiel de renforcer les procédures d’homologation, sur la base de dossiers réalisés par des entités indépendantes.

L’agriculture et les PPP

Un reproche constant est fait aux agriculteurs au sujet des produits phytosanitaires, que nous préférons appeler produits phytopharmaceutiques (PPP), pour illustrer leur rôle principal : soigner les plantes.

En réalité, les agriculteurs respectent la réglementation de plus en plus contraignante en matière d’usage des PPP. Ils n’utilisent ces produits que pour garantir la santé de leurs cultures (parasites, maladies, mauvaises herbes concurrentes, etc.). Ils n’ont aucun intérêt à dépasser les doses de PPP prescrites, car ils cherchent à minimiser leurs coûts de production, déjà supérieurs à leurs prix de vente.
Dans la presse agricole, les PPP occupent largement les espaces publicitaires. Malgré ces incitations, la très grande majorité des agriculteurs « traite » à des doses inférieures à celles qui sont préconisées par l’industrie agrochimique ou l’agriculture raisonnée.

Enfin, l’agriculteur contrôle en permanence son pulvérisateur, pour que la dose utilisée corresponde à ce qui est nécessaire. En effet, une dose trop faible n’aura pas d’action et une dose trop importante provoquera une toxicité au niveau des plantes ou entraînera un surcoût inutile. C’est pourquoi la CR est opposée aux contrôles « périodiques » des pulvérisateurs, obligatoires à partir de 2009. Si quelque chose ou quelqu’un pollue, ce n’est ni l’agriculteur ni son pulvérisateur, mais le PPP qui a bénéficié de l’homologation de l’Etat.

L’utilisation des PPP en France

La présentation de la situation française sur l’utilisation des PPP est trop souvent biaisée. Certes, la France occupe la première place sur le marché des PPP en Europe, mais elle est aussi le premier pays agricole…

La société se focalise en général sur les utilisations agricoles des PPP. Elle néglige à tort l’impact et les pratiques qui se rapportent aux 10% de PPP utilisés hors agriculture par la SNCF, les DDE, les collectivités ou des jardiniers amateurs. Les PPP sont alors souvent surdosés et épandus sur des surfaces restreintes souvent imperméables et en liaison quasi directe avec les cours d’eau par les fossés ou les évacuations des eaux usées. Par contre, les PPP sont épandus sur les champs à dose homéopathique et peuvent être détruits par les microbes du sol. Ils ne migrent vers les rivières qu’en cas de pluie exceptionnelle qui entraîne de la terre. Les PPP des villes et des champs étant les mêmes, on peut donc s’interroger sur l’origine de ceux que l’on retrouve dans les rivières.

Agriculture « conventionnelle » ou agriculture « bio » ?

Il y a de la place pour tous dans le paysage agricole, à partir du moment où chacun peut vivre dignement de son travail grâce à des prix rémunérateurs.
L’agriculture biologique est un choix de production lié à celui des consommateurs. Elle dispose de son propre marché qui pose les limites de son expansion, très dépendante des prix des produits.
La CR pense qu’il faut favoriser les synergies entre les différentes formes d’agriculture. En effet, l’agriculture conventionnelle pourrait beaucoup apprendre de l’agriculture biologique en matière de désherbage mécanique et autres moyens de lutte physique contre les mauvaises herbes, de réalisation d’impasses pour des traitements fongicides et insecticides, ou encore de rotations de cultures.

Il faut rester raisonnable et ne pas tomber dans l’intégrisme en rejetant systématiquement tout produit de traitement sous prétexte qu’il est chimique. Il en est des plantes comme des humains. Les médicaments sont chimiques, leur utilisation peut être toxique pour l’organisme, mais utilisés à bon escient, ils soignent les maladies des hommes, des animaux et des plantes.

Pour en savoir plus vous pouvez consulter :