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Les éleveurs laitiers : pas la priorité des groupes laitiers

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Les éleveurs laitiers : pas la priorité des groupes laitiers

Si on fait le bilan de la crise sanitaire et malgré les annonces qu’elles ont pu faire à son début, la coopérative Sodial et l’entreprise Lactalis n’ont été que peu impactées par la crise et ont même réalisé des bénéfices en 2020. Pour les éleveurs, le résultat est tout autre.

Ils ont produit moins pour être en accord avec la demande des coopératives, mais ont aussi été payés moins. À cela se rajoute la sécheresse qui a entraîné un manque de fourrage et une flambée des prix de l’alimentation des bovins, notamment des tourteaux. Ainsi, le constat est sans appel, la situation est catastrophique économiquement pour les élevages laitiers.

Lactalis a d’autres priorités que de rémunérer les éleveurs

Alors que les éleveurs sont en grande difficulté financière, Lactalis a utilisé toute son énergie à faire annuler par le Conseil d’État l’obligation d’étiquetage de l’origine du lait sur les produits laitiers. Maintenant que l’industriel est débarrassé de cette obligation pourtant légitime, il pourra augmenter son attractivité à l’exportation. Pour les éleveurs, il ne reste que la promesse que la coopérative continuera à favoriser le lait français et à l’indiquer sur ses produits en France. Cette promesse sonne creux dans un contexte où la loi EGAlim, qui doit permettre une rémunération juste des laitiers, n’est toujours pas appliquée. C’est par ailleurs la porte ouverte à l’importation sur nos marchés de produits fabriqués en France mais avec du lait d’origine étrangère, dans l’optique de diminuer les coûts.

Sodial investit toujours mais oublie la rémunération de ses coopérateurs

Pour ce qui est de Sodial, elle vient d’informer ses coopérateurs du rapprochement exclusif avec General Mills afin de racheter Yoplait. Le président de Sodiaal y voit un retour de Yoplait dans le giron de la coopérative et le renforcement de sa présence à l’international avec de la création de valeur. Pour le président de la CR 52 et éleveur laitier Arnaud Buat, le constat est tout autre :

« Avec les états généraux de l’alimentation, Sodial nous avait affirmé qu’en 2021, les laitiers de la coopérative seraient payés à hauteur de 390 € les 1000 L de lait. Aujourd’hui, nous sommes à 326 € seulement alors que l’interprofession a fixé un indicateur de coûts de production à 403 € les 1000 L ! Et encore, il faudrait que ce prix soit de 450 euros les 1000 litres pour qu’on puisse se dégager un SMIC ! L’argent investi dans Yoplait est autant d’argent qui ne rémunérera pas les éleveurs laitiers. Si demain les prix n’augmentent pas, alors la pérennité de la filière laitière ne sera plus assurée. »

Pour la Coordination Rurale de la Haute-Marne, le constat est toujours le même : il faut un prix rémunérateur

Sans prix rémunérateur, le nombre d’élevages laitiers continuera de diminuer. Aujourd’hui on ne peut plus assurer aux jeunes voulant s’installer avec un atelier laitier qu’ils auront un prix à la hauteur de leurs charges. C’est pourquoi il est urgent d’obtenir un prix rémunérateur qui permettra de maintenir les ateliers laitiers, mais aussi d’assurer un renouvellement des générations, sans quoi, la production de lait en France ne sera bientôt plus qu’un lointain souvenir.