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Les éleveurs laitiers français ont moins de revenus que leurs voisins européens

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Les éleveurs laitiers français ont moins de revenus que leurs voisins européens

En France, le nombre d’éleveurs laitiers a chuté de 44% entre l’année 2000 et l’année 2016 (- 55958 éleveurs), baisse très partiellement compensée par l’augmentation du nombre de salariés de l’ordre de 23 % (2 186 emplois, dont seulement 1 600 permanents). La raison principale de cette diminution drastique est le manque de revenus des éleveurs, intrinsèquement liés aux prix qui ne couvrent pas les coûts de production du lait.

La filière laitière ne rémunère pas assez les éleveurs

La part des exploitations laitières dans lesquelles le revenu courant (après MSA), par unité de travail calculé pour l’atelier lait, atteint ou dépasse le salaire net médian, s’établissant à 1 800€/mois, s’élevait à seulement 36 % en 2018. C’est-à-dire que la grande majorité des éleveurs laitiers français (64%) n’atteignait pas ce salaire médian même lorsque la conjoncture laitière était favorable. Pour rappel, en 2009 et 2015, deux années de crises laitières, la part des éleveurs n’atteignant pas le revenu médian s’élevait respectivement à 84 % et 74 %.

Chez nos voisins européens, une amélioration des revenus a été observée sur la période 2013-2017 par rapport à 2007-2012. Le pays ayant fait le plus progresser le revenu de ses éleveurs étant le Danemark, passant de – 9 032 à + 49 191€. Les éleveurs français accusent quant à eux un recul de leurs revenus sur la même période, à hauteur de seulement 20 908€.

 

revenu courant avant impots uta NS

La fin des quotas laitiers a donc amplement profité aux grands pays producteurs laitiers européens qui ont démultiplié leur production dès 2013, anticipant la dérégulation et participant par la même occasion à une surproduction laitière européenne et mondiale. En effet, en l’espace de quatre ans, la production laitière européenne a augmenté de 14 millions de tonnes, passant de 141 Mt en 2013 à 155 Mt en 2017. Les pays ayant le plus pris part à cette augmentation sont les Pays-Bas, le Royaume-Uni, la Pologne et l’Irlande, dont les trois premiers ont contribué à hauteur de 34% à l’augmentation de l’Union européenne.

 

Pas d’investissements pour les éleveurs français

D’après l’étude sur le calcul des coûts de production du lait en Europe éditée par l’European Milk Board (EMB), les éleveurs français avaient des coûts de production s’élevant à 45,14 cts/kg en 2017. Les prix moyens perçus cette même année n’étaient que de 33,3 cts/kg, soit un déficit de 11,81 cts/kg, le plus important parmi les pays producteurs européens. En parallèle, les exploitations laitières ont été obligées de réagir à la crise en réduisant les coûts et ont donc dû renoncer aux dépenses nécessaires pour permettre un développement stable et tourné vers l’avenir des exploitations. Elles n’ont presque pas investi et ont dû économiser à tous les niveaux. Ceci est visible à travers les réductions significatives des amortissements et des intérêts, ainsi que la chute brutale des salaires.

Évolution des coûts de production et des prix du lait de 2013 à 2017

Évolution des coûts de production et des prix du lait de 2013 à 2017