Christian Provent, représentant au Groupe national loup (GNL) pour la Coordination Rurale (CR), a assisté à la présentation du futur PNA 2024-2029. Si le texte permet la facilitation de mesures dérogatoires permettant d’abattre le loup, il n’en reste pas moins une espère protégée. Aussi, pour Christian Provent : « Même s’il faut reconnaître une forme de prise de conscience sur l’importance de l’impact du loup sur les élevages ; demain, il y aura toujours des attaques et des victimes provoquées par la présence du loup à proximité de nos troupeaux, présence que nous refusons formellement ».

La CR note des évolutions positives sur le long terme, avec une volonté d’obtenir un déclassement européen du loup et une gestion plus européenne demandée par la CR depuis longtemps, et sur le court terme, la possibilité d’utiliser des lunettes de vision nocturne pour les éleveurs et thermiques pour les louvetiers dès les tirs de défense simple. « La CR le réclamait depuis plusieurs années, mais si les tirs de défense sont plus efficaces, il est à craindre que le plafond de prélèvement soit vite atteint. Il convient donc de relever ce plafond qui se base sur un effectif minimum et non une véritable estimation de la population. Fabienne Buccio, préfète coordonnatrice du Plan national loup et activités d’élevage, a promis une évolution de cette méthode. Nous jugerons l’année prochaine, mais il est certain que le taux de prélèvement actuel est trop faible au regard de la dynamique démographique et spatiale du loup », déclare Christian Provent.

S’il existe quelques motifs de satisfaction, le futur PNA représente un risque pour l’élevage dans les années à venir avec par exemple l’instauration d’une expérimentation des chiens de protection des troupeaux (CPT) dans les élevages bovins. Pour la CR, c’est un risque d’une part de remettre en cause la non-protégeabilité des troupeaux bovins, et de multiplier d’autre part les CPT qui posent problèmes. D’ailleurs sur ce point, il est envisagé de faire évoluer leur statut juridique, mais il n’est pas fait état du transfert de la responsabilité juridique des éleveurs vers l’État qui impose pourtant les CPT.

Enfin, au-delà des annonces, la CR se demande si des budgets suffisants seront alloués pour répondre à la multiplication du loup. Quelles seront les priorisations ? Survie de l’espèce ou survie de l’élevage plein air ?

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