Pour la Coordination Rurale, l’annonce d’une augmentation des prélèvements de loups ne change rien sur le terrain : le seuil de viabilité est déjà largement dépassé, tandis que la détresse des éleveurs s’aggrave. Les méthodes de comptage sont contestables et la gestion de la prédation reste déconnectée des réalités agricoles.
Un effectif largement supérieur au seuil de viabilité
Pendant longtemps, l’État considérait qu’un effectif d’environ 500 loups correspondait à un seuil de viabilité. Or ce seuil est désormais dépassé : 1082 loups ont été recensés en 2025. Cette évolution s’accompagne d’une aggravation de la détresse des éleveurs sur tous les territoires.
L’annonce gouvernementale d’une hausse des prélèvements relève avant tout de l’affichage politique : elle correspond à des marges déjà prévues par la réglementation, sans impact concret sur le terrain. Les blocages persistent, notamment en montagne, où une grande partie du quota est consommée avant même la sortie des troupeaux en estive.
Des méthodes de comptage contestables
La Coordination Rurale n’est pas opposée à la méthode CMR, mais dénonce son application. Elle repose en grande partie sur la collecte d’échantillons par des correspondants bénévoles : là où il n’y a pas de correspondant, il n’y a pas de loup comptabilisé.
La CR demande l’intégration des analyses génétiques (notamment salivaires), une transparence totale, la publication des taux d’hybridation, et l’exclusion des animaux hybrides du quota de prélèvement.
Des éleveurs laissés seuls face aux coûts
L’État impose des chiens de protection, mais en laisse les conséquences financières aux éleveurs. Malgré une présomption d’absence de négligence, les indemnités restent à la charge des exploitants, parfois non couvertes par les assurances.
La CR exige que l’ensemble des dispositifs liés à la protection des troupeaux et à la gestion des prédateurs soit intégralement financé par le ministère de la Transition écologique, seul responsable des choix de conservation.
Des associations pro-loups qui bloquent la gestion
La Coordination Rurale dénonce le rôle de certaines associations, financées par des fonds publics, qui multiplient les recours et les pressions, stigmatisant les éleveurs. Cette stratégie aggrave les tensions et empêche toute gestion pragmatique et apaisée du loup.
Un impact psychologique et environnemental sous-estimé
La CR alerte sur les impasses d’une politique idéologique, déconnectée du terrain, qui prétend défendre la biodiversité sans en mesurer les effets réels. L’impact psychologique sur les éleveurs est important, et la prédation du loup sur la faune sauvage reste largement méconnue.
Ce que demande la Coordination Rurale
- Des méthodes de comptage fiables et transparentes
- Une intégration des analyses génétiques et la publication des taux d’hybridation
- La prise en charge intégrale des dispositifs de protection par l’État
- La reconnaissance et l’indemnisation des dégâts indirects (stress, avortements, blessures…)
- La liberté de tirs sur tous les loups à proximité des troupeaux, sans quota, avec l’usage de lunettes thermiques
Tant qu’il n’y aura ni méthodes fiables, ni transparence, ni moyens réels pour protéger les troupeaux, la gestion du loup restera une impasse politique et humaine.