Alors que la loi Duplomb cristallise les tensions politiques, la Coordination Rurale rappelle que c’est bien l’ANSES, et non l’Union européenne, qui a décidé seule de retirer l’autorisation de l’acétamipride en France en 2018.
Résultat : nos agriculteurs sont privés d’un outil homologué au niveau européen jusqu’en 2033, utilisé dans 26 États membres de l’UE.
Une seule molécule, un piège politique
La Coordination Rurale l’avait dit dès le départ : réduire une loi à une seule molécule, c’était prendre le risque de voir tout le texte rejeté. D’autant que cette molécule faisait déjà débat depuis son retrait en 2018. La majorité en a fait un symbole, au lieu de défendre une vision cohérente de la souveraineté agricole.
La réalité sur le terrain : dépendance accrue, pertes massives
Depuis l’interdiction de l’acétamipride, des filières stratégiques comme la betterave ou la noisette sont gravement touchées. Aucune alternative efficace n’est disponible. Conséquences : baisse des rendements, hausse des importations (depuis des pays aux normes plus laxistes) et perte de compétitivité.
- La France importe aujourd’hui 90 % de ses noisettes, principalement de Turquie.
- Elle a quintuplé ses importations de sucre ukrainien en deux ans.
Moins d’idéologie, plus de cohérence
La loi Duplomb ne crée rien de nouveau : elle vise simplement à réaligner la France sur le droit européen, en supprimant une surtransposition réglementaire qui pénalise nos producteurs. Il est temps de revenir à une politique agricole cohérente, fondée sur la science, la concertation européenne et la défense de nos filières.
Le 31 juillet, la Commission européenne a publié un règlement au Journal officiel révisant à la hausse les limites maximales de résidus d’acétamipride pour plusieurs productions (miel, prunes, graines de lin, pavot, moutarde).
La Coordination Rurale attend désormais avec vigilance la décision du Conseil constitutionnel attendue ce jeudi, suite à la saisine de parlementaires après l’adoption de la loi Duplomb.