Depuis le 1er décembre, dans le département du Doubs, 82 vaches vaccinées contre la DNC font l’objet d’un ordre d’abattage émis par la préfecture, malgré un délai de vaccination de plus de 38 jours.
La Coordination Rurale (CR), premier syndicat agricole français, dénonce une décision disproportionnée, scientifiquement discutable et dangereuse pour les éleveurs, alors que la France traverse une crise sanitaire majeure.
Un protocole sanitaire appliqué avec obstination malgré la vaccination
La Coordination Rurale rappelle qu’aucun protocole sanitaire couramment admis ne justifie l’abattage d’un troupeau lorsque les bovins sont vaccinés depuis plus de 30 jours.
Dans le cas du Doubs, cette demande d’abattage est pour la CR inacceptable et contraire à la logique scientifique, d’autant que la DNC est une maladie non transmissible à l’Homme, et dont le risque sanitaire est considéré comme limité.
Une politique d’abattage massif indéfendable et coûteuse
La CR alerte depuis plusieurs mois sur les dérives d’une stratégie sanitaire basée quasi exclusivement sur l’abattage, sans analyse globale ni prise en compte des retours de terrain.
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Coût humain pour les éleveurs, déjà éprouvés par la crise.
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Coût financier colossal pour les finances publiques.
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Perte de confiance entre professionnels et autorités.
Le syndicat appelle l’État à mettre fin à ce principe de précaution démesuré et à s’inspirer des approches plus équilibrées de plusieurs partenaires européens.
La CR demande la réunion urgente du CNOPSAV
Face à cette situation critique, la Coordination Rurale exige :
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La révision immédiate de la stratégie sanitaire.
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La convocation en urgence du CNOPSAV (Conseil National d’Orientation de la Politique Sanitaire Animale et Végétale).
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Une prise en compte d’avis scientifiques variés, y compris ceux d’épidémiologistes qui ne préconisent pas systématiquement l’abattage.
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L’étude d’une vaccination généralisée et l’analyse claire de ses impacts sur l’exportation.
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L’ouverture d’un débat européen sur le reclassement de la DNC afin de permettre un assouplissement sanitaire.
Le retrait des forces de l’ordre immédiatement demandé
La CR alerte également sur l’usage injustifié et disproportionné des forces de l’ordre pour contraindre les éleveurs.
Elle demande au préfet du Doubs de mettre fin à la pression exercée sur les agriculteurs, rappelant que :
« Nos agriculteurs ne sont pas des criminels. Ils ont le droit légitime de protéger leur cheptel. »
Les recours juridiques sont en cours. En attendant, la CR appelle la Préfecture à apaiser la situation.
Un appel à la responsabilité politique et syndicale
La Coordination Rurale demande à la Ministre de l’Agriculture et au Gouvernement :
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un engagement réel et concerté,
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une écoute renforcée du terrain,
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une anticipation sérieusement corrigée,
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et une stratégie sanitaire co-construite avec les syndicats, la filière et les scientifiques.
La CR invite également les autres organisations (FNSEA, JA) ainsi que la FNGDS à prendre position officiellement.
Pour la Coordination Rurale, la situation du Doubs est le symbole d’une gestion sanitaire déconnectée de la réalité, coûteuse, et destructrice pour les éleveurs.
Le syndicat continuera d’utiliser tous les moyens légaux, politiques et médiatiques pour défendre les exploitations concernées et obtenir une stratégie sanitaire juste, scientifique et proportionnée.
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