À la veille de l’ouverture du SITEVI, la ministre de l’Agriculture a dévoilé un nouveau plan de soutien à la filière viticole.
130 M€ annoncés… mais sans transparence sur leur financement
La profession prend acte de l’annonce d’un plan d’arrachage définitif de 130 M€, immédiatement requalifié en 70 M€ pour 2026 et 60 M€ pour 2027, sans aucune garantie quant à la disponibilité réelle de ces crédits.
La Coordination Rurale réaffirme sa position : privilégier un arrachage temporaire, assorti d’une préservation des droits de plantation dans les bassins de production, afin de ne pas fragiliser durablement le potentiel local.
Aucune mesure structurelle n’a été présentée, alors même que la filière a besoin d’investissements concrets. L’accès à l’eau doit devenir une priorité nationale : l’État doit s’engager dans de grands projets hydrauliques pour sécuriser l’approvisionnement et la gestion de la ressource.
Dans le contexte politique actuel, rien ne garantit que les montants annoncés seront effectivement versés. Entièrement conditionnés au vote du budget national, ces crédits semblent davantage destinés à apaiser les tensions du salon qu’à répondre aux besoins réels de la filière.
Malgré l’importance des enjeux, la table ronde organisée le 24 novembre en préfecture n’a laissé aucun espace d’expression au représentant de la Coordination Rurale.
Le format, extrêmement cadré, relevait davantage de la mise en scène que d’une véritable concertation. Contrairement aux affirmations de la ministre, cette réunion n’a pas permis de faire remonter les besoins concrets des viticulteurs. La CR a néanmoins transmis ses propositions par écrit à la ministre lors de son passage rapide sur le stand tenu au salon SITEVI.
La Coordination Rurale le répète : le système actuel ne fonctionne pas. Les fonds publics se dispersent sans effet tangible. Un véritable choc de simplification est indispensable pour l’ensemble de la filière et de ses organismes.Sans réforme profonde, les nouvelles aides risquent une fois encore de se perdre dans les strates administratives, au lieu d’arriver directement aux exploitants.