Alors que la viticulture française traverse une crise sans précédent, la Coordination Rurale alerte sur l’absence de stratégie nationale et l’abandon progressif d’une filière pourtant essentielle à notre identité agricole, culturelle et économique.
Une réponse politique insuffisante
La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a annoncé un plan centré sur l’arrachage définitif, la réorientation vers des produits dérivés comme les biocarburants, et un soutien ponctuel aux viticulteurs.
La CR dénonce une logique d’enterrement de la viticulture, alors qu’il faudrait construire des perspectives et préparer l’avenir.
Pour un arrachage temporaire, ciblé et financé
La Coordination Rurale appelle à un arrachage temporaire et ambitieux, financé à hauteur de 10 000 €/ha, contre les 6 000 €/ha à Bordeaux et 4 000 €/ha ailleurs du précédent plan.
- Réguler un marché saturé
- Éviter des ventes à prix indignes (1,39 € la bouteille d’AOC Bordeaux)
- Préserver les exploitations restantes
Halte aux contradictions européennes
Tandis que des milliers d’hectares sont arrachés, l’Union européenne continue d’autoriser de nouvelles plantations, créant un paradoxe dénoncé par les vignerons.
La Coordination Rurale exige un gel de 8 à 10 ans des droits de plantation, géré à l’échelle régionale.
Vins bradés : un modèle à revoir
La vente de vins AOC à 1,39 € est le symptôme d’un système à bout de souffle.
La CR appelle à imposer des règles éthiques dans les relations commerciales, et à cesser de sacrifier le vin sur l’autel de la grande distribution.
Pesticides : pas d’idéologie, des faits
Face à la polémique sur une étude liée aux phytos, la CR demande une publication scientifique transparente et rappelle les efforts faits depuis 15 ans :
- Réduction des doses
- Conversion bio
- Zones non traitées
- Techniques de pulvérisation de précision
Ces progrès doivent être soutenus par des solutions réalistes, scientifiquement fondées et économiquement viables.
La loi Évin doit évoluer
Le vin ne peut être traité comme un simple produit de consommation. Il est un marqueur territorial, un patrimoine agricole et un vecteur culturel.
La CR propose de réadapter la loi Évin pour permettre une communication responsable et valorisante, à l’image de nos voisins européens.