Une condamnation salutaire, mais des mesures structurelles s’imposent
Le 1er juillet 2025, le tribunal correctionnel de Bergerac a reconnu coupable un agriculteur expéditeur périgourdin de francisation massive de fruits rouges. La Coordination Rurale salue cette décision attendue de longue date, qui marque un signal fort, bien que largement insuffisant face à l’ampleur de la fraude dans le secteur.
Une fraude lourde de conséquences
Entre 2020 et 2021, plus de 400 tonnes de fruits rouges étrangers (fraises, framboises, myrtilles, mûres) ont été frauduleusement étiquetées comme « origine France ». Cette manipulation a permis à l’entreprise de générer un chiffre d’affaires conséquent, au détriment des producteurs français, en particulier en Dordogne. Ces derniers subissent de plein fouet cette concurrence déloyale, alors qu’ils travaillent dans le respect des saisons, des normes sanitaires et de la qualité.
Un jugement bienvenu, mais trop timide
Le gérant a été condamné à 100 000 € d’amende et six mois de prison avec sursis, assortis d’une interdiction de gérer. La CR regrette cependant que cette peine soit en deçà des réquisitions du parquet (150 000 € et un an de prison), et surtout, bien inférieure au préjudice subi par la profession agricole.
Tolérance zéro exigée
» cette affaire est emblématique de l’impunité qui a trop longtemps prévalu ; Il faut maintenant passer à l’action : multiplier les contrôles inopinés, renforcer les sanctions et donner les moyens aux services de l’Etat de mener des enquêtes efficaces. La francisation est une fraude qui ruine les producteurs honnêtes et trompe les consommateurs. »
Sébastien Héraud, maraîcher en Dordogne, responsable Fruits & Légumes, Coordination Rurale
Les propositions de la Coordination Rurale
- Mise en place d’un plan national de lutte contre la francisation, incluant traçabilité renforcée et contrôles systématiques dans les plateformes logistiques.
- Renforcement des moyens humains et financiers de la DGCCRF.
- Valorisation de l’origine France à travers un étiquetage clair et une meilleure information des consommateurs.
La Coordination Rurale continuera de défendre une agriculture honnête, respectueuse des règles et du consommateur, et appelle à une réaction immédiate des pouvoirs publics.
