Accord UE–MercosurLa Coordination Rurale, premier syndicat agricole français, alerte sur les conséquences de l’accord commercial UE–Mercosur. Pour la CR, cet accord est une « trahison programmée » de notre modèle agricole et une remise en cause directe de la souveraineté alimentaire de la France et de l’Europe.

Un accord dangereux pour l’agriculture française

Dans un contexte géopolitique marqué par le protectionnisme américain, l’Union européenne veut renforcer ses liens avec le Mercosur. Pour cela, elle impose une procédure accélérée permettant une application provisoire de l’accord, avant même sa ratification par les 27 parlements nationaux.

Derrière cette manœuvre, l’objectif est clair : conclure avant la fin du mandat de Lula fin 2025, quitte à sacrifier l’agriculture européenne. Les grands bénéficiaires seront les industries exportatrices (machines, automobiles, aéronautique), mais les agriculteurs français supporteront à nouveau le poids des concessions.

Des garanties illusoires et insuffisantes

La Commission européenne promet des clauses de sauvegarde pour certains secteurs (bœuf, volaille, sucre, éthanol). Mais ces garanties restent floues, sans calendrier précis ni mécanismes de protection concrets. Dans les faits, les infractions aux règles de concurrence ne pourront être reconnues qu’en cas de préjudice démontré et sur plainte d’un État membre.

De plus, un mécanisme de compensation financé par le budget européen est prévu — autrement dit, ce sont encore les contribuables européens qui paieront pour compenser les pertes des agriculteurs.

La France absente de la défense agricole

Alors que les marchés publics nationaux pourraient être ouverts aux entreprises du Mercosur (cantines scolaires, services publics), la France reste passive. Le gouvernement affirme pouvoir activer des garanties unilatérales, mais sans preuve que ces mesures seraient acceptées par Bruxelles. Pour Emmanuel Macron, « le sujet est clos ».

Pour la Coordination Rurale, il est clair que Paris a cessé de défendre ses agriculteurs.

Un appel à la responsabilité politique

La Coordination Rurale annonce qu’elle s’opposera fermement à cet accord lors du vote des États membres et du Parlement européen. Le syndicat appelle les eurodéputés français à prendre leurs responsabilités et exige des partis politiques nationaux des solutions constitutionnelles pour empêcher cette ratification.

Protéger la souveraineté alimentaire

Notre syndicat rappelle son opposition historique aux accords de libre-échange qui mettent en concurrence des agricultures aux standards inégaux. La CR revendique une exception agricole pour sortir l’agriculture du cadre de l’OMC et garantir une alimentation saine, respectueuse de l’environnement et des consommateurs.

L’UE se trompe en pensant que son agriculture peut résister face aux grandes puissances agricoles mondiales (États-Unis, Chine, Russie, Brésil). Un tel scénario conduira à la perte de marchés pour des filières entières : viande, lait, céréales, vins, spiritueux.

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