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Les certificats d’économie de produits phytosanitaires (CEPP)

Les certificats d’économie de produits phytosanitaires (CEPP)

Récemment, lors d’une réunion du comité national du plan Ecophyto II, le ministre de l’Agriculture a tracé les grandes lignes du fonctionnement des Certificats d’Economie des Produits Phytosanitaires (CEPP).

Depuis le constat d’échec d’Ecophyto I, les CEPP ont été présentés comme le nouveau dispositif qui permettra d’avancer significativement sur la voie de la réduction du phytosanitaire d’Ecophyto II.
En l’absence d’une communication précise sur ces certificats, des interprétations plus ou moins fondées ont circulé et, à l’approche de leur mise en œuvre (juillet 2016), le Ministère commence enfin à en préciser le modèle de fonctionnement.  

Calqués sur le principe des certificats d’économie d’énergie qui obligent les fournisseurs à réaliser des économies d’énergie en entreprenant différentes actions auprès des consommateurs, les CEPP concerneront principalement les distributeurs de produits (les obligés) qui devront mettre en place des actions auprès des agriculteurs pour réduire les quantités de phytosanitaires.
Pour y parvenir, le distributeur puisera dans un catalogue (disponible sur le web) les actions qu’il installera auprès des agriculteurs. On devine déjà des actions du type « lutte intégrée », « usage biostimulants », « variétés tolérantes », « agro équipements de précision », etc.

Ces pratiques supposeront un retour avec un suivi d’indicateurs que les distributeurs auront à assurer ; leur charge de travail en sera alourdie d’autant.

Dans ce contexte, la Coordination Rurale demande au Ministère de veiller à ne pas créer une distorsion de concurrence entre distributeurs avec, d’un côté des structures gérant d’importants volumes qui pourront suivre des actions auprès des agriculteurs et de l’autre, des structures légères, type groupements d’achats, qui ne pourront pas accompagner ce genre de pratique ; or, les unes et les autres ont leur raison d’exister dans notre environnement.

Aussi, nous ne doutons pas que la définition ultime des certificats d’économie de produits phytosanitaires intègrera cette observation. Il serait en effet dommage que les CEPP soient responsables d’une nouvelle concentration des distributeurs de l’agrofourniture alors que ce sont généralement les plus petites structures qui sont proches des agriculteurs et expérimentent plus facilement des solutions alternatives locales à l’utilisation des produits phytopharmaceutiques.