L'info régionale

Réseaux sociaux

Le vandalisme au nom de l’écologie

Le vandalisme au nom de l’écologie

Alors que les néonicotinoïdes viennent d’être réautorisés pour l’enrobage des semences de betteraves, un collectif baptisé La Ronce incite ses militants à ouvrir les paquets de sucre dans les supermarchés et à les rendre ainsi invendables.

La première action coordonnée de ce mouvement écolo a été organisée le 14 octobre. Baptisée « Opération épine sucrée », elle appelait à dévisser les bouchons des sachets de sucre des grandes marques après la réintroduction des néonicotinoïdes pour les producteurs de betteraves.

Nous rappelons que cette dérogation d’une durée de 3 ans, permettant aux betteraviers l’utilisation des néonicotinoïdes, contient de nombreuses conditions et que l’utilisation de ces produits reste très réglementée. Réglementation que nos producteurs français respectent !

« Ce sont ces marques et la poignée de grands groupes derrière qui — au nom d’impératifs de rentabilité toujours plus importants — ont poussé cette loi », explique La Ronce dans un communiqué. Mais à la CR, on s’interroge : quel modèle veut réellement encourager cette association ? Ses militants ont-ils conscience des difficultés des betteraviers ? Savent-ils comment se structure le marché du sucre avant de lancer de telles opérations qui réduisent à néant le travail de nombreux agriculteurs ?

Face à des prix toujours plus bas, les agriculteurs ne peuvent pas se permettre de perdre jusqu’à 60 voire 70 % de leur production à cause de la jaunisse de la betterave ! L’utilisation des néonicotinoïdes permet aux betteraviers de donner une bouffée d’oxygène momentanément à une filière déjà affaiblie par une diminution constante des prix… Ici encore nous nous demandons si ces collectifs écolos ont conscience de ces enjeux et des conséquences de leurs actes ? Sous prétexte de combattre de grands groupes, ils pourraient mettre à genoux la production betteravière française, laissant la porte ouverte aux multinationales étrangères où la production sucrière n’est pas aussi encadrée que les productions européennes, notamment en matière d’environnement… Un comble pour une associations prétendant se battre justement pour la cause environnementale !

Il existe d’autres moyens plus démocratiques et plus justes de sauver notre agriculture ! Aujourd’hui, la CR milite pour une meilleure rémunération des producteurs et pour trouver des alternatives viables pour améliorer nos productions. Ces actions de saccage sont déplorables en cela qu’elles ne font en rien avancer, ni la cause environnementale ni la cause agricole.