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Le sénateur Didier Mandelli à l’écoute de la CR85

Le sénateur Didier Mandelli à l’écoute de la CR85

Après la réélection des trois sénateurs vendéens début octobre, la CR 85 souhaitait les rencontrer. Le sénateur Didier Mandelli, a ainsi été reçu par une délégation de la CR 85 le lundi 19 octobre sur l’exploitation des époux Gauvard aux Lucs sur Boulogne.
Ce GAEC élève des vaches de race Limousine en agriculture biologique et des canards de chair. Cette dernière production subit actuellement une grave crise suite à une surproduction aggravée par le contexte sanitaire actuel. « Comment voulez-vous travailler sereinement lorsque certains doivent attendre plus de 16 semaines avant d’avoir à nouveau des canards dans leurs bâtiments » s’interroge Damien Gauvard.

Les coopératives ou autres entreprises privées sont en grande partie responsables de cette surproduction. Ainsi, Pierre Jean Besson, récemment installé sur Chavagnes en Paillers, explique « quand j’ai débuté mon projet d’installation avec la construction d’un canardier, la Cavac cherchait à construire de nombreux bâtiments, j’aurais pu en construire deux si j’avais voulu. Mais une fois les travaux commencés, ce n’était plus la même chanson : il n’y avait plus de demande ». Les exploitants présents déplorent le manque de visibilité pour toutes les productions alors que les investissements financiers sont colossaux. Tour à tour, les sujets d’actualité sont évoqués comme la loi Egalim (États Généraux de l’Alimentation) qui n’a pas amélioré le revenu des agriculteurs ou encore le bien-être animal mis sur le devant de la scène actuellement. Sur ce point, Daniel Pavageau, président de la CR85, précise qu’« il y a un amalgame qui est fait entre les exploitations d’Amérique et les exploitations françaises. Regardez, ici tous les animaux sont au pâturage et profitent des nombreuses haies encore présentes ».

Pour le sénateur, « il est primordial de mettre en avant le manger local et d’arrêter de systématiquement de vouloir du bio qui malheureusement peut venir de l’étranger. Où est la cohérence au niveau bilan carbone ? ». Sur les accords de libre-échange, le sénateur s’est voulu rassurant en précisant « qu’on ne peut pas demander aux exploitants de monter en gamme et en même temps laisser entrer des produits qui ne respectent pas nos normes ». La surtransposition des règles européennes au niveau de la France décourage de plus en plus les agriculteurs. Le côté trop « administratif » du métier dégoûte certains qui arrêtent avant l’âge de la retraite.
« Pour sortir l’agriculture du marasme avant qu’il ne soit trop tard, il ne faut pas grand-chose ; il faut des prix rémunérateurs » a conclu le président de la CR 85.