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Le prix des patates plus bas que terre

Le prix des patates plus bas que terre

Le prix des patates plus bas que terre

La Coordination Rurale du Bas-Rhin a organisé hier une distribution de pommes de terres sur le parking du Super U de Lingolsheim pour protester contre la vente de bintjes du nord à un prix scandaleusement bas, bien en dessous des coûts de production.
L’occasion pour la CR de rappeler que c’est le seul syndicat à se battre pour des prix rémunérateurs.

Article DNA – 23 septembre 2011

Coup de colère des producteurs

Une délégation de la Coordination rurale du Bas-Rhin a manifesté hier devant le Super U de Lingolsheim pour protester contre la vente de pommes de terre à un prix jugé « indécent ». Le syndicat réclame la mise en place de prix planchers pour permettre aux agriculteurs de vivre de leur travail.

Lorsqu’ils ont aperçu la publicité diffusée par l’enseigne Super U, le sang des producteurs alsaciens de pommes de terre n’a fait qu’un tour. Une poignée d’entre eux a aussitôt décidé de « marquer le coup ». Résultat : une dizaine d’agriculteurs a investi hier en fin de matinée le parking du supermarché de Lingolsheim avec trois convois agricoles pour y déverser des tubercules en signe de colère.

« 2,79 euros le sac de 25 kg de pommes de terre, c’est indécent », a expliqué Michel Walter, secrétaire de la Coordination Rurale du Bas-Rhin. Cela signifie que ces bintjes produites dans le Nord de la France « sont vendues 0,11 EUR le kilo, alors que les coûts de production de l’agriculteur sont de 0,15 EUR départ champ », indique Florent Meyer, agriculteur à Wintershouse.

En fait, calcule un autre manifestant, « si l’on rajoute le coût du stockage, du conditionnement, du transport et la marge du magasin, cela signifie que l’agriculteur n’a pas touché plus de 4 ou 5 centimes le kilo ».

Pour la dizaine d’exploitants qui se sont mobilisés hier autour de Paul Fritsch, le président de la Coordination rurale du Bas-Rhin, de tels prix sont inadmissibles. Impossible en effet pour les producteurs locaux de s’aligner sur des tarifs aussi bas. « Ca ne nous suffit pas pour vivre, résume M. Meyer. C’est comme si on vous disait qu’on divise votre salaire par deux du jour au lendemain ».

Des promotions de ce genre-là, souligne également M. Walter, « sèment la confusion chez les consommateurs qui n’ont plus idée des coûts de production. ».

«Ce que nous demandons, expliquent les manifestants, « c’est la mise en place d’une commission qui serait chargée de définir un prix plancher pour les produits agricoles » afin de permettre aux producteurs de vivre de leur travail. « Nous demandons aussi la mise en place d’une législation équitable qui interdise enfin la vente à perte », précise le secrétaire du syndicat.

La délégation a finalement libéré le parking du supermarché au bout d’une heure. Après avoir expliqué son exaspération au directeur du magasin et permis aux badauds de remplir gratuitement leurs cabas de pommes de terre.

O.W.