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Le Préfet de la Drôme sur l’exploitation d’un adhérent de la CR26

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Le Préfet de la Drôme sur l’exploitation d’un adhérent de la CR26

Epinouze – Mercredi 5 juin après-midi, c’est en présence d’Emmanuelle Anthoine (députée de la 4ème circonscription de la Drôme), d’Yves Lafaury (maire d’Epinouze), d’Aimé Chaleon (maire de Saint-Donat-sur-l’Herbasse et conseiller départemental), de Lionel Brenier (viticulteur à Epinouze) et de plusieurs agriculteurs des communes alentours que Fabrice Nemes a accueilli monsieur le Préfet Hugues Moutouh sur son exploitation. Cette rencontre était organisée à l’initiative de la Coordination Rurale de la Drôme.

Après une longue visite commentée de ses productions (fleurs coupées et fraises), Fabrice Nemes a proposé aux invités de se réunir autour d’un temps convivial de dégustation afin de poursuivre les échanges.

Parmi les sujets abordés, Fabrice Nemes et Hervé Miachon (vice-président de la Coordination Rurale de la Drôme) ont particulièrement souhaité insister sur certaines problématiques :

La gestion de l’eau

En 2018, la zone hydrographique de gestion de Valloire (située dans la Drôme) est entrée en état d’alerte pour les eaux souterraines quatre mois avant le bassin Bièvre Liers Valloire (Isère). Cette différence de traitement a été particulièrement préjudiciable pour les producteurs de la Drôme des collines qui ont connu des restrictions d’eau bien avant leurs voisins sud-isérois. Arboriculteur sur la commune de Moras-en-Valloire, Hervé Miachon a demandé au Préfet d’adopter des mesures cohérentes et adaptées localement. Monsieur Moutouh a expliqué qu’il avait déjà pris connaissance de cette problématique et qu’il était actuellement en train de travailler en concertation étroite avec le département de l’Isère pour remédier efficacement à cette difficulté.

L’agribashing

D’après les agriculteurs présents, les relations qu’ils entretiennent avec leur voisinage se sont détériorées à mesure que les médias ont commencé à véhiculer une image négative de leur profession. La plupart d’entre eux ont déjà subis des insultes et des critiques virulentes. Parfois, cette violence verbale peut entraîner certains débordements physiques extrêmement graves et choquants. Sur ce point, le Préfet invite tous les agriculteurs victimes de violences à porter plainte et rappelle la création (en collaboration étroite avec Didier Guillaume, Ministre de l’agriculture) d’un «observatoire de lutte contre l’agribashing» le 26 avril dernier. Placé sous son autorité, ce dispositif aura pour rôle principal «d’accompagner» les agriculteurs dans leurs démarches juridiques contre les «intrusions illégales» dans leurs exploitations et les «atteintes verbales et physiques» à leur encontre. Il aura également pour objectif de «sensibiliser» le grand public sur «l’évolution des pratiques agricoles». Il recensera enfin les actes hostiles aux agriculteurs dans le département. Ce dispositif pourrait être étendu à toute la France dans un second temps.

La prédation du loup

Bien que le secteur de la Valloire ne soit pas directement impacté par cette problématique, monsieur le Préfet a tout de même souhaité affirmer sa volonté d’accompagner durablement et efficacement les éleveurs qui subissent des attaques. D’après lui, le seuil des 500 loups est dépassé depuis longtemps et il espère désormais que le relèvement du pourcentage de loups pouvant être prélevés, de 10-12 % à 17-19 %, apportera rapidement des résultats significatifs. Sur cette thématique, la Coordination Rurale en a profité pour affirmer sa position : la cohabitation entre le loup et l’élevage pastoral est impossible.

La mise en péril du dispositif TO-DE

Au mois de décembre 2018, le gouvernement et les parlementaires de la majorité ont voté le Projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) en lecture définitive et ainsi confirmé la suppression du TO-DE sans réelle compensation. Pour rappel, cette mesure risque d’entraîner une perte de plus de 100 € par mois et par employé pour les agriculteurs au titre des cotisations qui ne seront plus prises en charges par la MSA via le dispositif TO-DE et ce sans compter les autres pertes liées à la fin du CICE (soit 6 % des rémunérations versées) qui ne sera pas compensée pour les agriculteurs relevant du TO-DE. Bien que le dispositif soit maintenu pour une période provisoire, la députée Emmanuelle Anthoine reste très vigilante sur cette thématique et n’hésitera pas à coopérer avec les représentants de la Coordination Rurale lorsque le débat sera de nouveau mis sur le devant de la scène.

Garantir la liberté d’entreprendre

Enfin, Hervé Miachon rappelle que la CR est particulièrement attachée à deux notions fondamentales : le respect du droit de propriété et la liberté d’entreprendre. D’après lui, préserver le foncier agricole en péri-urbain représente le double intérêt de maintenir le tissu agricole vivant et de favoriser le développement des circuits courts en créant plus de lien entre l’urbain et le rural.
D’une manière générale, la façon la plus simple de lutter contre le « gaspillage du foncier agricole » est de rendre l’activité agricole plus rentable, plutôt que d’instaurer des zonages contraignants et susceptibles d’alourdir les charges fiscales pesant sur les propriétaires.

Après près de trois heures de visite et de discussions, c’est avec un bouquet de pivoines et une barquette de fraises fraîchement cueillies que monsieur Moutouh a repris la route de la préfecture.