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Le loup ne doit plus être prioritaire sur tout !

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Le loup ne doit plus être prioritaire sur tout !

Depuis quelques jours, la Coordination Rurale (CR) est la cible de vives critiques au sujet de sa position vis-à-vis de la prédation lupine. Pour autant, nous soutenons à 200 % le président de la CR 23 dont les propos ne sont finalement que le témoignage de l’exaspération de nombreux éleveurs. Des propos qui ont le mérite de secouer le ministère de la Transition écologique, de le mettre face à ses responsabilités, et de remettre sur la table le problème de la prédation.

Certes outranciers, les propos de Florian Tournade ne justifient aucunement le déferlement de haine qui a actuellement lieu sur les réseaux sociaux notamment. Il n’y a que ceux qui ne sont pas confrontés à la problématique du loup qui s’offusquent de ses mots. Aujourd’hui, 99,9 % des agriculteurs pensent comme Florian. En tant que syndicat, nous avons le devoir de dire haut et fort ce que nos collègues pensent tout bas, et ce même si cela en dérange certains. Il est temps d’ouvrir les yeux sur la réalité et de cesser de minimiser le danger que représente ce prédateur.

La liberté d’expression est un droit inattaquable. Alors voici quelques éléments supplémentaires pour expliquer la position syndicale de la Coordination Rurale sur ce sujet et préciser le contexte tendu dans lequel ces propos ont été tenus.

Le loup n’est pas compatible avec l’élevage. Il doit donc être cantonné aux zones sans activité humaine, cela a toujours été la ligne directrice de la CR dans ce domaine et c’est indirectement ce que réclame Florian Tournade dans son intervention.
En Creuse, le préfet a autorisé cinq lieutenants de louveterie à procéder à des tirs d’effarouchement sur une seule commune ; les éleveurs des communes voisines devront donc attendre. Ces bénévoles mettront certainement tout en œuvre pour les réaliser, mais il faut être conscient que cela ne fait que déplacer le problème. Les tirs d’effarouchement ne répondent en rien aux demandes des éleveurs qui veulent simplement pouvoir protéger leurs troupeaux, il n’est en aucun cas question de safari punitif. Déplacer le problème chez le voisin ne constitue pas une réponse appropriée et la Coordination Rurale ne peut s’en satisfaire. Lorsqu’il y a un problème, il faut le régler, et c’est justement ce qui n’a pas été fait depuis 1992.

L’exaspération des éleveurs tient également du fait que, chaque année, des loups s’échappent de parcs et parviennent parfaitement à s’acclimater et à retrouver leurs instincts sauvages, notamment celui de prédation. Vu les dégâts que provoque le loup en France, il n’est pas tolérable de constater que l’on élève des loups pour les laisser ensuite en pleine nature. La CR a souvent émis des doutes sur la prolifération naturelle. Il ne faut pas exclure l’existence d’élevages clandestins de loups en France, qui peuvent conduire à des abandons voire à des lâchers délibérés. D’ailleurs, des analyses génétiques témoignent de l’existence de loups présentant des profils génétiques différents du canis lupus italicus.

Les éleveurs sont également exaspérés par l’attitude d’agents de l’Office Français de la Biodiversité (OFB) qui, par désinvolture ou par volonté, réfutent la présence du loup sur des nouveaux territoires. Il faut attendre bien longtemps après les premières attaques, qui ne sont souvent pas attribuées au loup, pour que l’OFB reconnaisse une zone en Zone de présence permanente (ZPP). Ce décalage explique, au moins en partie, le manque de fiabilité des estimations de la population lupine.
Pour les éleveurs, il est difficile de faire reconnaître la responsabilité du loup lorsque l’on retrouve des animaux morts et en partie consommés. En amont des fronts de colonisation, il n’y a jamais eu tant de chiens errants ou de blaireaux friands de viande ovine ou bovine !

La CR réfute le nombre de 624 loups en France qui sert de base à la détermination du nombre de loups à prélever chaque année. Compte tenu du nombre d’attaques malgré les équipements de protection et leur répartition géographique, la population lupine doit être bien supérieure à 1 000. Le préfet coordonnateur a d’ailleurs récemment reconnu les imperfections de la méthode.

Pour la CR, le loup ne doit pas être prioritaire sur l’élevage, car il est impossible d’élever des animaux en extérieur à proximité du loup. Les mesures de protection qui sont en partie à la charge des éleveurs n’empêchent pas les attaques, c’est incontestable, et aucun éleveur ne souhaite laisser ses animaux en danger. En effet, au regard des 5 libertés fondamentales des animaux, les éleveurs ont la responsabilité de prémunir leurs animaux des situations de peur ou de détresse et de leur garantir l’absence de douleur et de lésions. Nos élevages ne sont pas des garde-mangers pour les loups. Il faut également garder en tête que le loup représente directement ou indirectement un danger pour l’Homme.

Encore une fois, entre le loup et l’agneau, le choix est vite fait pour la Coordination Rurale !