Malgré le confinement, la Coordination Rurale de Vendée, représentée par Daniel Pavageau et Stéphane Charbonneau, a réussi à rencontrer, vendredi 13 novembre, le sénateur Bruno Retailleau à sa permanence parlementaire, la crise sanitaire rendant difficile une visite sur une exploitation. Celui qui a été dernièrement réélu président du groupe Les Républicains au Sénat a écouté les différentes revendications de la CR85. Très au fait de l'actualité agricole, Bruno Retailleau s'est montré critique vis-à-vis des accords de libre-échange et plus particulièrement du Ceta. Il reproche au gouvernement actuel de « jouer la montre » en ne présentant pas l'accord au Sénat. « Les sénateurs ne voteront pas pour le Ceta » certifie-t-il.

Le président de la CR 85, Daniel Pavageau, l’a remercié pour son soutien sur les néonicotinoïdes, « il est invraisemblable de retirer un produit sans donner d'alternative aux producteurs de betteraves, alors que les pays limitrophes continuent à l'utiliser ». Le sénateur a admis que la bataille avait été difficile et que de plus en plus de sénateurs n'ont plus de lien direct avec le monde rural et ne comprennent pas les spécificités de l'agriculture.

La transition était toute trouvée pour parler des EGA et notamment de l'article 44 qui n'est toujours pas appliqué. Stéphane Charbonneau, ne comprend pas « pourquoi vouloir laver plus blanc que blanc en France et, excusez-moi le terme, importer de la merde de l'étranger. Ce que l'on ne veut pas produire chez nous, on ne l'importe pas !». Pour la CR85, l'application de cet article pourrait être couplée avec la mise en place de la TVA sociale en agriculture pour donner une bouffée d'oxygène aux trésoreries des agriculteurs. Ainsi, tous les produits étrangers importés ne respectant pas nos normes seraient taxés pour financer la protection sociale des agriculteurs. Bruno Retailleau rappelle qu'il est favorable à la TVA sociale depuis plusieurs années déjà et, souhaiterait une expérimentation. Autre sujet sur lequel le sénateur a été très attentif et a demandé plus de précisions : le plan protéines. Les représentants de la CR85, lui ont expliqué la nécessité d'avoir un plan protéines ambitieux et à long terme, pour sortir de cette dépendance vis-à-vis du continent américain. « Il faut arrêter de produire du blé pour l'exportation, qui ne rapporte pas. En privilégiant les légumineuses et les protéagineux dans les rotations, et en garantissant des débouchés en alimentation animale, tout le monde sera gagnant » a expliqué Daniel Pavageau. La nouvelle réforme de la PAC en cours de discussion pourrait permettre de limiter notre dépendance au soja américain si les politiques arrêtent de se servir de l’agriculture comme monnaie d'échange. D'ailleurs, la CR 85 a remis au sénateur les propositions de la CR dans le cadre du débat public « imPACtons ».

Lors de cet entretien, Bruno Retailleau a été très à l'écoute et curieux de connaître les positions de la CR 85 sur les sujets d'actualité. Plusieurs de nos idées ont trouvé un écho favorable. Espérons que certaines puissent être mises en pratique...

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