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Langouët : l’arroseur arrosé !

Langouët

Langouët : l’arroseur arrosé !

Au mois de mai 2019, Daniel Cueff, maire de Langouët, a interdit « l’utilisation de produits phytopharmaceutiques à une distance inférieure à 150 mètres de toute parcelle cadastrale comprenant un bâtiment à usage d’habitation ou professionnel ». Très rapidement, la CR Bretagne a exprimé sa surprise de voir que ce maire outrepassait les compétences de son autorité. Nous avons alors demandé à la Préfète de contester cet acte. Les différents jugements nous ont donné raison puisque l’arrêté a été jugé illégal.

Pourquoi avoir testé l’eau de Langouët ?

Le maire de Langouët jette l’opprobre sur les agriculteurs qui, malgré ses dires, ne sont ni des pollueurs, ni des empoisonneurs. Pour répondre à ce donneur de leçon, nous avons souhaité réaliser une analyse d’eau en sortie de station d’épuration de Langouët afin d’en mesurer son impact sur l’environnement. Dans une note datant de 2018, la Communauté de communes du Val d’Ille-Aubigné et le département d’Ille-et-Vilaine, pointaient du doigt des dysfonctionnements dans cette station : « Sa capacité hydraulique est régulièrement dépassée, notamment en période de nappe haute, traduisant une sensibilité importante du réseau de collecte aux intrusions parasites. Les résultats des tests et analyses montrent une difficulté pour les ouvrages à réduire significativement la pollution azotée. »

Quels résultats ?

Les résultats montrent une pollution minérale, essentiellement par le phosphore (dépasse 25 fois la norme européenne) et chimique avec la présence de quatre éléments. Cette station dégrade le milieu aquatique de la Flume, cours d’eau traversant la commune.

 

Vous pouvez retrouver l’ensemble des résultats de l’analyse dans ce document

 

Rappelons que les prélèvements ont été effectués à l’exutoire de la station d’épuration en septembre en présence d’un huissier et ont été analysés par un laboratoire certifié. Les eaux traitées dans cette station sont des eaux usées provenant uniquement des habitations (urines, déjections humaines, des lessives, des détergents, restes de végétaux…). Ces pollutions ne proviennent donc pas de l’agriculture, dans la mesure où la station d’épuration de Langouët est entourée de prés et de bois, loin des parcelles agricoles.

« L’arroseur arrosé ».

Il est indigne de voir un maire, censé être neutre et impartial, créer des tensions au lieu de les apaiser. Notre but, n’est pas de pointer du doigt les habitants de la commune de Langouët, nous voulons juste expliquer à ce maire qu’il se trompe de combat. D’ailleurs, nous regrettons qu’il ne soit pas venu nous rencontrer comme nous lui avions proposé. Ce n’est pas par médias interposés que nous avancerons mais par le dialogue. Les riverains et les agriculteurs ne sont évidemment pas des ennemis.

La CR n’est pas le « lobby des pesticides »

Comme beaucoup d’autres choses, l’utilisation des produits phytosanitaires évolue avec le temps. Il évolue avec les connaissances, et évoluera encore, sans doute vers une chimie plus fine, mieux ciblée, moins impactant. Mais dire qu’il faut se passer de la chimie dans la santé du végétal, au même titre que se passer des médicaments pour soigner la population, est peut-être un peu aventureux. Si on veut interdire des produits phytosanitaires aux agriculteurs français, il faut en faire autant sur tous ces produits agricoles qui viennent de l’autre bout du monde. Le maire de Langouët attaque une partie de ses administrés, les agriculteurs. Ils respectent pourtant des règles strictes et sont contrôlés régulièrement. Nous ne l’entendons jamais s’exprimer sur ces importations de produits venus de l’étranger qui ne respectent pas nos normes !

Et maintenant ?

La Coordination Rurale ne tolérera plus cette stigmatisation des pratiques agricoles. Elle se réserve donc le droit d’effectuer ces mêmes analyses dans toutes les communes ayant décidé de prendre ce type d’arrêté.

Les stations d’épuration doivent-être régulièrement nettoyées. Ce sera bientôt le cas pour celle de Langouët qui doit être vidangée. Où termineront les boues, résidus du traitement des effluents liquides des stations d’épuration constituées de matières organiques et minérales ? Pour rappel, ces boues ne peuvent être épandues sur les terres bio ou légumière. Termineront-elles dans les champs des agriculteurs conventionnels, ceux-là même que critique le maire ?
Face à ce sectarisme et devant le refus de ce maire de nous rencontrer, nous voulons le mettre en garde. Nous surveillerons cela de très près !