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Lait de montagne : la CR soutient l’allègement des charges

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Lait de montagne : la CR soutient l’allègement des charges

La production laitière en zone de montagne subit une réelle déprise en terme de nombre d’éleveurs. En l’espace de dix années, la chute enregistrée du nombre d’éleveurs varie de – 19 % à – 47 % pour les départements du Massif Central, du Jura et des Alpes, et jusqu’à – 52 % dans les départements des Pyrénées. Il s’agit pourtant d’une des seules activités structurantes sur ces territoires qui représente 65 000 emplois, directs ou indirects, ainsi que 17 % du cheptel national de vaches laitières. Disposant de coûts de production structurellement plus importants que les élevages de plaine, en moyenne de 30 à 43 % supérieurs, les coûts de collecte sont également plus élevés, surcoût estimé à 14 €/1 000 litres environ. Malgré ces coûts plus importants, il manque d’après l’interprofession laitière 88 €/1 000 litres pour atteindre le prix de revient permettant un salaire mensuel équivalent à deux SMIC mensuels par actif.

Chute du nombre d’éleveurs, chute de la collecte

De manière globale, la collecte laitière en zone de montagne chute chaque année et dans l’ensemble des régions. Cette tendance tend même à s’accélérer. Entre 2017 et 2018, la collecte nationale de lait de montagne accuse un recul de 4,4 %, tirée par les régions des Pyrénées (- 6,0 %) et du Massif Central (- 6,5 %). Pour l’année 2019, le recul s’annonce plus important avec une moyenne de -5 % en juillet par rapport au même mois de l’année précédente, et -8,2 % dans les Pyrénées. La collecte de montagne a représenté 18,4 % de la collecte nationale totale sur les sept premiers mois de l’année 2019.

Lait de montage et surcoûts non compensés

L’indicateur de coût de production édité par l’Idele dans le cadre du plan de filière lait s’établit, pour les zones de montagne, à 410 €/1 000 l (435 €/1 000 l en moyenne sur 5 ans) et 396 €/1 000 l en zone de plaine (422 €/1 000 l sur 5 ans). L’European Milk Board (EMB), édite chaque année une étude sur les coûts de production du lait en Europe, et établit pour l’année 2017, un coût de production laitier en zone de montagne (Auvergne) à hauteur de 554 €/1 000 l. Se basant sur cette même étude, la Coordination Rurale revendique, pour les exploitations de plaine, un prix payé à hauteur de 450 €/1 000 l comme un minimum pour couvrir l’ensemble des coûts de production.

Des volumes de production moindres par unité de main-d’œuvre, des handicaps naturels et des charges de production majorées (surcoût des approvisionnements, des bâtiments et du matériel) engendrent des coûts de production plus élevés qu’en zone de plaine.

D’après FranceAgrimer (FAM), ce surcoût serait d’environ 120 € /1 000 l pour le Massif Central et jusqu’à 300 €/1 000 l pour les montagnes de l’Est. Cette calcul montre bien que l’étude de l’Idele qui évalue la différence à 14 € est incohérente.
Le prix du lait payé ou par les aides octroyées ne compensent pas entièrement ce surcoût. Toujours selon FAM, les aides totales représentent en moyenne sur 5 ans 110 €/1 000 l dans le Massif Central et presque 150 €/1 000 l dans les Alpes et le Jura. Le prix du lait quant à lui s’établissait cette même année (octobre 2017) à 350 €/1 000 l en Auvergne, presque à 400 €/1 000 l deux ans après mais prix toujours insuffisant pour couvrir les coûts de production, comme l’avance l’interprofession avec ce manque de 88 €/1 000 litres !

La filière demande aux pouvoirs publics d’alléger les coûts de production

Dans une communication du 3 octobre, l’interprofession laitière indiquait vouloir un allègement des coûts de production, telles qu’une exonération des charges sociales ou une fiscalité adaptée pour le carburant. La Coordination Rurale a, dans le cadre de sa proposition concernant le Pacte Productif 2025, émis les mêmes recommandations pour l’ensemble des agriculteurs.

La CR souhaite un abaissement des charges sociales pour améliorer la compétitivité agricole via l’expérimentation de la TVA sociale, la détaxation totale du carburant pour les agriculteurs – comme c’est le cas pour les pêcheurs -, un statut de gérant salarié avec ses avantages et sans impact limitatif des aides, notamment de la PAC, et l’instauration d’une limitation fiscale afin que les revenus résiduels mensuels après impôts demeurent supérieurs ou égaux au seuil de pauvreté. La TVA sociale consiste à compenser par une hausse de TVA (affectée à la protection sociale) la suppression de tout ou partie des cotisations, tant des exploitants que des salariés de l’agriculture.