« Le véritable enjeu n’est pas seulement la sécheresse : c’est un prix du lait qui ne permet plus aux éleveurs de vivre de leur métier. »
Alors que la sécheresse fait craindre un déficit important de fourrages, la Coordination Rurale rappelle que la crise de l’élevage laitier dure depuis plusieurs mois. Le prix du lait reste bloqué autour de 400 €/1 000 litres, un niveau insuffisant pour couvrir durablement les charges des exploitations françaises.
Le prix du lait reste le principal problème
Depuis près de six mois, le prix du lait stagne alors que les coûts de production continuent d’augmenter. Carburant, engrais, alimentation animale et désormais fourrages pèsent lourdement sur les trésoreries des exploitations.
Pendant ce temps, plusieurs pays européens rémunèrent leurs producteurs entre 430 et 450 €/1 000 litres, creusant encore davantage l’écart de compétitivité avec la France.
La sécheresse annonce une pénurie de fourrages
Les premiers ensilages de maïs non irrigués affichent des rendements très faibles dans plusieurs régions françaises. À l’inverse, les parcelles irriguées démontrent l’importance stratégique de l’accès à l’eau pour garantir l’alimentation des troupeaux.
La concurrence pour les terres destinées au maïs, notamment avec les unités de méthanisation, accentue encore les difficultés d’approvisionnement en fourrages pour les éleveurs.
Produire plutôt que subventionner
Pour la Coordination Rurale, les aides ponctuelles à l’achat de fourrage ne constituent pas une réponse durable. Le syndicat demande des solutions structurelles permettant aux exploitations de retrouver leur autonomie.
Cela passe notamment par le développement de l’irrigation lorsque cela est possible, le soutien aux investissements de stockage, une aide au transport des fourrages pour les exploitations les plus éloignées et une véritable visibilité économique pour la filière.
Les demandes de la Coordination Rurale
- Obtenir un prix du lait réellement rémunérateur.
- Faciliter et sécuriser durablement l’accès à l’irrigation.
- Soutenir les investissements dans le stockage des fourrages.
- Mettre en place une aide au transport pour les exploitations les plus touchées.
- Donner une visibilité économique pluriannuelle à la filière.
- Privilégier des solutions structurelles plutôt que des aides ponctuelles.
La Coordination Rurale rappelle qu’une agriculture forte repose sur des producteurs capables de vivre de leur travail. La maîtrise des volumes, l’investissement et une rémunération juste sont les seules réponses durables à la crise actuelle.