Le Groupe National Loup (GNL) s’est réuni le 28 mai dernier. Alain Pouget (CR48) a activement participé à cette rencontre qui s’est révélée être une nouvelle fois un simulacre de débat tant les décisions sont prises en amont. Cela n’a pas empêché la CR d’y défendre ses positions en mettant l’administration face à ses responsabilités et les lobbies pro-loup face à leurs contradictions.

Pas de chiffre sur la population hivernale

Notre représentant a été très surpris, tout comme le Préfet de Région, d’apprendre que l’ONCFS n’était pas en mesure de fournir une estimation du nombre de loups à la sortie de l’hiver. Ce chiffre devrait être connu dans une dizaine de jours a indiqué l’ONCFS (1), en précisant qu’il fallait beaucoup de temps pour compiler les retours des 4 000 personnes qui transmettent des indices de présence. La CR a émis l’hypothèse que l’appel au boycott des remontées fait par Ferus pourrait affecter la pertinence des données de présence. L’ONCFS a indiqué que la répercution devait être minime sans en connaître la portée réelle. Les pro-loups ont nié avoir fait un appel au boycott, mais ils n’ont pas su quoi dire devant la lecture des deux appels.

La feuille de route « post 500 loups »  répète les mêmes erreurs

La feuille de route « post 500 loups » qui amende le Plan National Loup, a le seul mérite de relever un peu le taux de prélèvement en passant à 17 %, ce qui paraît faible face à la croissance de la population que même le représentant du ministère de la Transition Écologique et Solidaire décrit comme exponentielle. Pour le reste, elle se contente d’empiler un nouveau zonage, en créant le « cercle 0 » regroupant 74 communes des Alpes. Cependant, il faut noter que cela ne concerne pas les communes entières mais uniquement les 30 % de cheptels les plus prédatés. Pour la CR, le PNL reste un « projet politique dogmatique » qui ne résoudra en rien la prédation sur les troupeaux et insiste sur la chimère consistant à vouloir tout et son contraire. La CR déplore que ce plan se détourne des aspects psychologiques engendrés par les attaques et qu’il n’impose pas une information claire et objective auprès des éleveurs. La CR a pointé le danger que représentent les troupeaux bovins en présence du loup et demande que les études (INRA) prouvant le changement de comportement des bovins ayant été prédatés soient diffusées largement. Par ailleurs, elle indique qu’il est scandaleux que la plupart des financements des mesures de protection se limite à 80 % des investissements. Le ministère de l’Agriculture rappelle que ce budget est passé de 1,3 million d’euros en 2000 à plus de 25 millions en 2018, et qu’il est financé par la PAC…!

La CR juge que la volonté des groupes pro-loups de vouloir plus d’élevages extensifs et en même temps un développement du loup est totalement contradictoire.

Étude comparative de la gestion des loups en Europe

Le CGAAER a comparé dans différents pays européens (Allemagne, Espagne, Italie, Pologne, Suisse) les modalités de la gestion du loup. Il apparaît que les éleveurs français subissent beaucoup plus d’attaques (tableau ci-dessous). Partout des dégâts sur les bovins apparaissent. Les indemnisations et les aides à la protection sont plus faibles dans les autres pays. L’étude montre également que dans les différents pays le loup est de moins en moins accepté. La Suisse a demandé une révision de la Convention de Berne, l’Espagne et l’Allemagne proposent des modifications de la Directive habitat, faune, flore et certaines régions d’Italie demandent de pouvoir tirer les loups librement.

Comparaison des attaques dans différents pays européens :

(source : Le loup et les activités d’élevage : comparaison européenne dans le cadre du plan national d’actions 2018/2023 – CGAAER - CGEDD)

(1) Depuis la réunion, l’ONCFS a estimé la population de loups pour 2019 à 530, contre 430 pour 2018, ce qui induit un prélèvement de 53 animaux en 2019.

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