Tout au long de l’été, face aux incendies qui ont frappé plusieurs territoires français, les agriculteurs se sont mobilisés aux côtés des pompiers et des élus. Tracteurs, tonnes à eau, déchaumeurs, connaissance des chemins et des points d’eau : leur intervention s’est souvent révélée déterminante. Pour la Coordination Rurale, il est désormais temps de reconnaître et d’organiser pleinement leur rôle.
Les incendies de cet été l’ont une nouvelle fois démontré : lorsqu’un feu se déclare, les agriculteurs sont souvent parmi les premiers à pouvoir agir. Leur connaissance fine du territoire et les matériels dont ils disposent constituent des atouts précieux pour les services de secours. Mais cette mobilisation ne peut plus reposer uniquement sur la bonne volonté et l’engagement spontané du monde agricole.
Recenser, former et indemniser les agriculteurs volontaires
La Coordination Rurale propose la mise en place, au plus près des territoires et en lien avec les casernes, d’un recensement des agriculteurs volontaires et des matériels mobilisables : tracteurs, tonnes à eau, disques ou déchaumeurs. Cette organisation doit s’accompagner d’une formation adaptée afin de permettre des interventions efficaces, coordonnées et sécurisées aux côtés des sapeurs-pompiers.
La CR demande également une indemnisation des agriculteurs mobilisés, prenant en compte le temps passé, le carburant, l’utilisation et l’usure de leur matériel. La solidarité des agriculteurs ne peut signifier qu’ils doivent supporter seuls le coût de leur engagement.
Mieux prévenir pour mieux protéger
La lutte contre les incendies commence aussi bien avant les premières flammes. La Coordination Rurale demande donc la création de pare-feux plus larges, plus nombreux et régulièrement entretenus. Les terres travaillées et les cultures irriguées peuvent jouer un rôle majeur pour ralentir la progression du feu.
La CR souhaite également renforcer le maillage des retenues et points d’eau dans les zones exposées. Utiles aux exploitations en période de sécheresse, ces réserves constituent également des ressources stratégiques pour les secours.
Ces investissements protègent les exploitations, mais aussi les populations, les habitations, les forêts et la biodiversité. Ils ne doivent donc pas être financés au détriment des budgets agricoles, mais relever pleinement des politiques de prévention des risques et de protection de l’environnement.
Reconnaître ceux qui protègent nos territoires
Les incendies de cet été ont rappelé une évidence : les agriculteurs ne font pas que produire notre alimentation, ils entretiennent et protègent aussi nos territoires. Pour la Coordination Rurale, il faut désormais transformer cette mobilisation spontanée en une véritable stratégie : recenser, former, coordonner et indemniser les agriculteurs volontaires, développer les pare-feux et renforcer les réserves d’eau. Il est temps de donner aux agriculteurs toute leur place dans la prévention et la lutte contre les incendies.