Alors que le Brésil s’impose comme leader du Mercosur sur le marché mondial du porc, ses exportations atteindront 1,5 million de tonnes en 2025, soit +12 % en un an. Si l’Union européenne n’importe pas encore de porc brésilien, en raison du différend sur la ractopamine elle reste menacée par une ouverture progressive du marché via les quotas négociés dans le cadre du Mercosur.

Pourtant, l’UE est déjà largement exportatrice nette de viande porcine, avec plus de 4,2 millions de tonnes exportées en 2024 contre seulement 140 000 t importées. L’Espagne, les Pays-Bas et le Danemark dominent ce marché, tandis que la France n’en représente que 6 %. Dès lors, pourquoi inclure le porc dans ces accords, alors que l’Europe peut déjà subvenir à ses propres besoins ?

Le Chili illustre bien le risque : ses exportations de porc vers l’UE sont passées de 11 M€ en 2020 à 46 M€ en 2024, soit une multiplication par quatre. Une progression fulgurante qui accentue la pression sur nos producteurs.

Sur le plan agricole, le Mercosur ne profite qu’à quelques produits emblématiques (Champagne, Parmesan, fromages AOP…), laissant nos grandes cultures et élevages sur le carreau.

Et le bœuf ? L’accord prévoit un quota additionnel de 99 000 tonnes de viande bovine sud-américaine, importée sans droits de douane. Cette ouverture touche directement nos éleveurs déjà fragilisés, face à une viande produite selon des standards environnementaux et sanitaires bien inférieurs aux nôtres.

Enfin, l’accord autoriserait aussi 190 000 t de sucre sud-américain sans droits de douane – l’équivalent de 15 000 ha de betteraves françaises et potentiellement 15 000 emplois menacés.

La Coordination Rurale alerte : ces concessions mettent en péril nos filières au profit d’importations massives issues de systèmes moins exigeants. Il est temps de défendre une agriculture européenne souveraine, équitable et cohérente

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